| dimanche 31 décembre 2006, a 13:48 |
| ALBERT SCHWEITZER CITOYEN D'HONNEUR DE PFAFFENHOFFEN |
Naissance : 14 janvier 1875 Kaysersberg, Haut-Rhin, Empire allemand Décès : 4 septembre, 1965 (à l'âge de 90 ans) Lambaréné, Gabon Nationalité : Française Profession : Théologien, Musicien, Philosophe Médecin alsacien Distinctions :
Prix Nobel de la paix en 1952 Prix Goethe en 1928
Albert Schweitzer (14 janvier 1875 - 4 septembre, 1965) était un théologien, musicien, philosophe et médecin alsacien.
Il fut lauréat du prix Goethe en 1928 et du prix Nobel de la paix en 1952.
Il naît à Kaysersberg (Haut-Rhin) en 1875, peu après l'annexion de l'Alsace par l'Empire allemand. Il passe son enfance à Gunsbach où son père est pasteur. Il est initié très tôt à la musique et joue de l'orgue paroissial dès l'âge de neuf ans.
Il passe ses années d'études secondaires à Mulhouse de 1885 à 1893 et obtient son baccalauréat en 1893 avant de venir à Paris pour étudier la philosophie et la musique. Il poursuit ensuite des études de théologie et de philosophie à l'Université de Strasbourg, qui était à ce moment la Kaiser-Wilhelm-Universität.
Il passe son doctorat en 1899 à Tubingue : La Philosophie religieuse de Kant. Tubingue était alors le fief des théologiens libéraux, les conservateurs préférant Heidelberg. Il devient ensuite pasteur de l'église Saint-Nicolas de Strasbourg, où il bénit le 11 avril 1908, le mariage de Theodor Heuss, futur premier président de la République fédérale d'Allemagne.
Ses idées politiques et religieuses le mettaient en porte-à-faux avec beaucoup de ses collègues : les pasteurs germanophiles, genéralement conservateurs, n'aimaient pas ce libéral, tandis que les pasteurs libéraux, souvent francophiles, n'aimaient pas ce partisan de l'Allemagne. Pour couronner le tout, il épousa Hélène Bresslau, allemande et de famille juive, et dont le père devait être expulsé après 1918. Ce qui n'empêchait pas les deux fiancés de correspondre en français.
A l'âge de 30 ans, répondant à un appel de la Société des missions évangéliques de Paris qui cherche des médecins volontaires, il commence des études de médecine et part au Gabon (en Afrique équatoriale française) afin de se mettre au service des autres. Il fonde à Lambaréné un hôpital de brousse qui le rendra célèbre dans le monde entier.
Il donne des séries de concerts d'orgue afin d'aider au financement de son hôpital. C'est un spécialiste de Jean-Sébastien Bach auquel il a consacré une monographie (1905).
Sa philosophie s'articule autour d'un grand principe : le respect de la vie.
En tant que citoyen allemand, il sera arrêté en 1917 par l'armée française et incarcéré jusqu'en 1918.
Pendant son incarcération, il écrivit Kulturphilosophie (1923), une étude philosophique de la civilisation. Il y aborda la pensée éthique à travers l’histoire et invita ses contemporains à mettre en œuvre une philosophie de respect de la vie.
Schweitzer resta en Europe jusqu'en 1924, puis retourna en Afrique, où il reconstruisit et aménagea son hôpital pour y recevoir des milliers de patients africains, dont trois cents lépreux. Pour donner les conférences et les récitals d’orgue qui lui rapportaient les fonds nécessaires, il retournait fréquemment en Europe. Il est un ami personnel de la reine Elisabeth de Belgique. En 1953, il reçut le prix Nobel de la paix 1952, et c'est alors qu'un grand nombre d'Alsaciens découvrirent subitement qu'ils étaient ses amis. Son œuvre comprend de nombreux ouvrages, parmi lesquels une étude théologique Reich Gottes und Christentum (Le royaume de Dieu et le christianisme) et son autobiographie.
Il fut incarné au cinéma par Pierre Fresnay dans Il est minuit, Docteur Schweitzer (1952), avec Jeanne Moreau dans le rôle de son infirmière Marie. Sa cousine Anne-Marie Schweitzer Sartre fut la mère de Jean-Paul Sartre.
Albert Schweitzer mourut à Lambaréné en 1965.
Jouissant d'une notoriété dans le monde entier (supérieure à celle du Général de Gaulle), son œuvre reste relativement ignorée en France ; il a été accusé de néo-colonialisme et de vouloir maintenir les Africains dans le sous-développement du fait qu'il refusait l'usage massif de pesticides dont il pressentait le danger.
11http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Schweitzer |
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| dimanche 31 décembre 2006, a 13:32 |
| MEILLEURS VOEUX |
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| samedi 30 décembre 2006, a 15:54 |
| L'incubateur-pépinière de Pfaffenhoffen et du Val de Moder |
L’incubateur régional est un lieu d'accueil et d'accompagnement à destination des porteurs de projets innovants en zone rurale. Il peut être défini comme un lieu physique d'accueil et intègre une équipe d'encadrement qui accompagne les créateurs d’entreprises.
L'incubateur ADEC inscrit son action dans le cadre d'une politique de développement local au travers notamment de l'usage des Technologies de l'Information.
Zonage et fiscalité locale du Val de Moder :
- l’ADEC est située dans le périmètre d’intervention régionale de type ZPRAT (zone prioritaire régionale d’aménagement du territoire) .Ceci a une implication sur le niveau d’aides régionales,
- le val de Moder a une fiscalité locale pour sa taxe professionnelle de 10,52%
http://www.adec.fr/fr/incubateur/ |
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| samedi 30 décembre 2006, a 15:52 |
| Bayrou est utile au pays |
« Bayrou est utile au pays » Par Didier Bariani, ancien Ministre, vice-président de l’UDF Le Figaro - 04.12.06
Pour changer l’ordre des choses il faut leur redonner sens. Il y a un lien entre la déclaration d’indépendance de l’UDF, son projet et la déclaration de candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle.
Ni l’UMP ni le PS ne peuvent prétendre à la cohérence et aucun d’eux n’a de socle de pensée suffisant pour résister au populisme: ils font simplement masse contre le camp adverse. Mais si les partis traditionnels ont tout à perdre de la fin du système qui les opposent frontalement, la vie des Français a, elle, tout à y gagner. A droite comme à gauche, les talents et les convictions de fond doivent être remis au service du pays et non plus s’inscrire dans une logique de coalitions d’intérêts, gérant, avec plus ou moins de réussite, les oppositions internes et l’affrontement des ambitions.
S’il perpétue le bipartisme triomphant, notre système politique continuera à générer de la révolte et l’expression politique extrémiste de cette révolte. Il se rendra incapable de prendre les décisions qui peuvent réellement changer la vie de nos concitoyens. Qu’il tente tout de même de les prendre et il les gâchera souvent dans l’absence de dialogue et le passage en force. La raison d’être de l’UDF, le sens de la candidature de François Bayrou, c’est de rompre démocratiquement avec ce cycle infernal. Il faut changer de système politique tout en protégeant notre régime démocratique et représentatif. Et donner à ce dernier un nouveau souffle. Sinon, il ne reste au pouvoir que la ruse, au peuple que la rue et les élections se vident de leur réalité au profit du simulacre.
Francois Bayrou, ce n’est pas la troisième voie, c’est la nouvelle force et c’est le vote utile ! Le seul à être authentiquement en rupture d’avec les vingt-cinq dernières années. Il est le seul à véritablement défendre une France forte en Europe et une Europe forte en France, même si cette idée est, pour l’instant, malheureusement dévaluée. Car, avoir une haute idée de la nation, c’est refuser de la réduire à un terrier. Il n’y aura pas de nation forte en Europe sans l’Europe elle-même.
L’extrême droite n’a été au pouvoir qu’une seule fois en France et c’était sous la botte, complice de l’occupant. Son nationalisme n’est qu’apparence et posture ! La violence des extrémismes n’apporte aucune solution à la violence qui gagne notre société. Face aux choix politique cruciaux, ils ont même, ne leur en déplaise, des intérêts objectifs communs.
Les républicains doivent affirmer que le lien social n’est pas fait de bons sentiments. Il implique une révision des circuits de décision. La bataille, c’est celle de la responsabilité des citoyens et de la relation entre le peuple et la nation. Qu’il s’agisse de l’obscurantisme islamiste, des violences faites aux femmes ou de celles perpétrées dans l’espace sportif par de jeunes nazis, nous ne pourront combattre sans une nation forte, fondée sur un consensus, et la juste conscience des enjeux. D’autant que ces violences ont à voir entre elles.
L’UDF est le parti de la modernité : celui d’un nouvel et d’un meilleur équilibre entre la liberté d’entreprendre, les libertés politiques et les solidarités sociales. Ce qui devient visible c’est sa force et sa légitimité. Le projet que nous défendons n’a jamais été soumis à la mode. François Bayrou ne cherche pas à être le miroir de l’opinion publique ou, pour être précis, de l’idée que l’on se fait d’elle. Le peuple peut apprécier qu’on ne le flatte pas si l’on agit en son nom et avec lui.
La candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle est non-populiste. Sa démarche diffère fortement des autres. Elle ne s’inscrit pas dans une logique de phobies antagonistes et de rivalités à tout crin. Le projet de l’UDF suscite la sympathie, non le rejet. C’est une candidature qui rappelle que la politique consiste avant tout à remplacer l’impossible par le possible. Elle place au cœur des choses ce que nous aimons, et non ce que nous détestons. Elle est la seule cohérente, car il ne peut y avoir de société apaisée dans une démocratie qui ne l’est pas.
http://www.udf.org/presse/tribunes_editos/bariani_lefigaro_041206.html |
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| samedi 30 décembre 2006, a 15:47 |
| Au nom du tiers état |
« Au nom du tiers état » de François Bayrou (Hachette Litteratures)
« C’est un peuple qu’ils croient sans importance. Presque un peuple en trop. Un peuple gênant. Ainsi le vivent les pouvoirs, et le considèrent les puissants. Le même mal ronge et court depuis des années, préparant à chaque élection, à chaque consultation, sa surprise, l’irruption du peuple indocile dans le concert bien ordonné de la pensée préfabriquée. »
Ainsi s’ouvre « Au nom du tiers état », le livre de François Bayrou, recueil des principaux discours qu’il consacra, ces dernières années, à la « la crise de notre démocratie ». « Il m’a paru, écrit François Bayrou en avant-propos, que la crise de notre démocratie, le sentiment d’exclusion que ressent le peuple français par rapport au pouvoir et à ses élites méritait une réflexion plus large. Cette réflexion a pris la forme d’une préface. »
Cette longue « préface » - près de 60 pages – et les discours qu’elle introduit traitent du même sujet : « Nous vivons dans une république qui a la forme de la démocratie, mais où le pouvoir est en réalité confisqué. Ceux qui le détiennent disposent, grâce à nos institutions d’ancien régime du monopole sans contrôle sur les puissants instruments de l’État, et, grâce à leur intimité avec les puissances économiques et médiatiques, de moyens considérables pour verrouiller la vie publique. »
« Le chemin existe »
Démocratie et Parlement, séparation des pouvoirs, média et « peuple d’internet », modèle français et mondialisation, transparence et morale publique… L’avenir de la nation, du « vive ensemble » en République, de l’Europe : autour de la question de la démocratie, François Bayrou balaye le champ des interrogations et des perspectives.
« La France de 2007 est en effet à l’épicentre d’un séisme qui vient de loin, au point de rencontre de deux forces antagonistes et qu’il va falloir conjuguer. Une force qui vient du dehors : l’onde immense de la mondialisation. Une force qui vient du dedans de notre peuple et de notre histoire : le grand courant national qui a produit le modèle républicain. »
« Il n’est au pouvoir de personne de supprimer la mondialisation. Et il n’est au pouvoir de personne, heureusement, de tirer un trait de plume sur le modèle républicain. Ces deux forces, il faut les conjuguer. Le chemin existe pour le faire. »
Sous l’invocation de Sieyès : « En 1789, à la veille de la Révolution, quelques semaines avant que la tourmente ne se déclenche, Sieyès lança sa proclamation en trois questions-réponses : « Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque-chose. » Cela vaut aussi pour la France d’aujourd’hui, car Sieyès ajouta : « Qu’est-ce qu’une nation ? Un corps d’associés vivant sous la loi commune et représentés par la même législature. »
« Au nom du tiers état », 254 pages, Hachette Littératures, 16 €.
Morceaux choisis de la préface
Le modèle républicain français
« Le modèle républicain français est un projet. Ce n’est pas, comme on le caricature, la défense éperdue des statuts et des avantages acquis. C’est un modèle intérieur, charpenté et maçonné de valeurs aussi fortes que durables. Ce n’est pas, comme on le peint quand on veut le décrier, un modèle contre l’économie, contre l’entreprise, contre la liberté. Au contraire, nous, citoyens et peuple français, depuis toujours, nous voulons l’économie libre. Nous pensons même, pour la majorité d’entre nous, que si l’on fichait la paix à l’entreprise, les choses iraient mieux. Les contraintes excessives que l’on fait peser sur l’artisan, sur la petite entreprise, nous exaspèrent. Et le mot « entreprise » entraîne chez les Français une adhésion remarquable, très au-dessus, par exemple, du mot « syndicat ». L’entreprise et l’idée de liberté, c’est de la valeur humaine. Voilà pourquoi nous voulons la liberté pour l’entreprise, mais nous ne voulons pas de la tyrannie de l’argent sur la société. Nous ne voulons pas qu’on nous vende l’abandon du lien social sous le prétexte du libéralisme. Nous ne voulons pas d’une société qui cesse d’être une société, où l’on vit ensemble, avec des valeurs communes, pour devenir une simple addition de destins individuels. »
La démocratie est le moteur du développement
« Je ne plaide pas pour la démocratie, le respect du peuple, la séparation des pouvoirs uniquement par idéal, ou par sens moral. Je fais un constat. A examiner la liste des pays les plus développés de la planète, ceux où le niveau de vie, l’éducation, la santé, la technologie, la recherche, la culture atteignent des sommets –non seulement en termes de développement économique mais dans la réalité d’un développement humain -, on constate que ces pays-là, sans exception, sont les pays les plus démocratiques. Partout où le citoyen est respecté, où la transparence est imposée, où les règles sont strictes, le droit appliqué, où les gouvernants ne peuvent pas faire n’importe quoi, la société progresse plus vite, elle est plus prospère, plus juste, plus inventive. La démocratie n’est pas le fruit du développement, elle en est la condition, le moteur. Dans tous les pays qui avancent les yeux ouverts et ne souffrent pas de nos névroses, le respect de la représentation, l’attitude claire des dirigeants, la transparence des pouvoirs au regard des citoyens ne se discutent même pas.»
Deux partis et deux seuls
« Nous avons laissé se construire un système politique dans lequel la nation n’est ni justement ni également représentée. Seule la pensée momentanément majoritaire y est surabondamment dominante et ses tenants prétendent décider de tout. Alternativement, deux partis et deux seuls, aujourd’hui dénommés UMP et PS, largement minoritaires à eux deux dans le pays, accaparent ensemble et monopolisent la représentation. Au premier tour de la dernière élection présidentielle, le candidat de l’UMP, Jacques Chirac, et le candidat du PS, Lionel Jospin, malgré tous les moyens de l’État dont ils représentaient l’un et l’autre les pouvoirs et les cercles d’influence en place, ont obtenu ensemble au premier tour à peine 35% des voix. Pourtant la mécanique électorale est telle que leurs partis occupent à eux seuls 88% des sièges à l’Assemblée nationale. »
Les cartes ne sont pas sur la table
« Sous cette Ve République épuisée chaque fois qu’un problème doit être résolu, on découvre que les cartes ne sont pas sur la table. Les vraies cartes sont sous la table : un réseau opaque d’intérêts, partisans, claniques, économiques, médiatiques, commande les décisions qui sont prises, impose son influence à l’action de l’Etat. Cette décomposition des principes de la démocratie fait une victime directe : le peuple français, tenu à l’écart de l’essentiel de ce qui le concerne, rendu incapable d’assumer les choix de son destin, et au bout du compte entraîné au déclin par ceux-là mêmes dont la mission et le devoir consistent à le défendre. Avec la force de l’habitude, nous ne voyons plus ce qui devrait crever les yeux. Le roi est nu, et le spectacle n’est pas réjouissant. Nos observateurs hochent gravement la tête, déplorent sentencieusement chacune des faiblesses françaises. Ils mettent tout cela sur le compte du « déclin » de la France, dont ils se font les experts. »
La page va se tourner
« Et comme de tout cela les citoyens sont exclus, l’orage gronde et cherche sa foudre. Je n’ai, à la vérité, aucun doute sur l’issue. Le pouvoir, depuis vingt-cinq ans, se barricade. Mais ses murailles et ses fortifications ne tiendront pas en face de la marée qui monte. Les citoyens ont tout compris ou vont tout comprendre. Si on leur refuse l’information, ils iront la chercher, et ils la trouveront. Et ils agiront. La page va se tourner. Quand ? Comment ? C’est là qu’est pour moi la seule incertitude. Il y a des années que les avertissements se multiplient, qui prennent toutes les formes par lesquelles un peuple s’exprime quand il n’accepte plus la situation qui lui est faite. Il l’a dit dans les urnes, à l’élection présidentielle comme au référendum. Il le dit dans la fréquence des alternances. Il le dit dans la rue, parfois. Il le dit dans les banlieues. Les démagogues pensent que ce peuple insatisfait va se tourner vers eux. J’espère et je crois qu’ils se trompent et qu’ils sous-estiment les Français : ils ignorent ce que peut un peuple de bonne volonté, instruit, formé, capable, qui attend simplement qu’on le prenne au sérieux et qu’on lui donne la place qui est la sienne en démocratie, la première. Qu’on le traite en partenaire de plein droit et de plein exercice. Qu’on l’écoute et qu’on le considère. (…) Verrouilleurs et démagogues contre démocrates, le combat n’est certes pas gagné d’avance. Il commence et il va falloir le livrer. Pour moi, j’y suis résolu. »
« Au nom du tiers état », 254 pages, Hachette Littératures, 16 €.
« Au nom du tiers état » de François Bayrou (Hachette Litteratures) Extraits - 11.10.06
« C’est un peuple qu’ils croient sans importance. Presque un peuple en trop. Un peuple gênant. Ainsi le vivent les pouvoirs, et le considèrent les puissants. Le même mal ronge et court depuis des années, préparant à chaque élection, à chaque consultation, sa surprise, l’irruption du peuple indocile dans le concert bien ordonné de la pensée préfabriquée. »
Ainsi s’ouvre « Au nom du tiers état », le livre de François Bayrou, recueil des principaux discours qu’il consacra, ces dernières années, à la « la crise de notre démocratie ». « Il m’a paru, écrit François Bayrou en avant-propos, que la crise de notre démocratie, le sentiment d’exclusion que ressent le peuple français par rapport au pouvoir et à ses élites méritait une réflexion plus large. Cette réflexion a pris la forme d’une préface. »
Cette longue « préface » - près de 60 pages – et les discours qu’elle introduit traitent du même sujet : « Nous vivons dans une république qui a la forme de la démocratie, mais où le pouvoir est en réalité confisqué. Ceux qui le détiennent disposent, grâce à nos institutions d’ancien régime du monopole sans contrôle sur les puissants instruments de l’État, et, grâce à leur intimité avec les puissances économiques et médiatiques, de moyens considérables pour verrouiller la vie publique. »
« Le chemin existe »
Démocratie et Parlement, séparation des pouvoirs, média et « peuple d’internet », modèle français et mondialisation, transparence et morale publique… L’avenir de la nation, du « vive ensemble » en République, de l’Europe : autour de la question de la démocratie, François Bayrou balaye le champ des interrogations et des perspectives.
« La France de 2007 est en effet à l’épicentre d’un séisme qui vient de loin, au point de rencontre de deux forces antagonistes et qu’il va falloir conjuguer. Une force qui vient du dehors : l’onde immense de la mondialisation. Une force qui vient du dedans de notre peuple et de notre histoire : le grand courant national qui a produit le modèle républicain. »
« Il n’est au pouvoir de personne de supprimer la mondialisation. Et il n’est au pouvoir de personne, heureusement, de tirer un trait de plume sur le modèle républicain. Ces deux forces, il faut les conjuguer. Le chemin existe pour le faire. »
Sous l’invocation de Sieyès : « En 1789, à la veille de la Révolution, quelques semaines avant que la tourmente ne se déclenche, Sieyès lança sa proclamation en trois questions-réponses : « Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque-chose. » Cela vaut aussi pour la France d’aujourd’hui, car Sieyès ajouta : « Qu’est-ce qu’une nation ? Un corps d’associés vivant sous la loi commune et représentés par la même législature. »
« Au nom du tiers état », 254 pages, Hachette Littératures, 16 €.
Morceaux choisis de la préface
Le modèle républicain français
« Le modèle républicain français est un projet. Ce n’est pas, comme on le caricature, la défense éperdue des statuts et des avantages acquis. C’est un modèle intérieur, charpenté et maçonné de valeurs aussi fortes que durables. Ce n’est pas, comme on le peint quand on veut le décrier, un modèle contre l’économie, contre l’entreprise, contre la liberté. Au contraire, nous, citoyens et peuple français, depuis toujours, nous voulons l’économie libre. Nous pensons même, pour la majorité d’entre nous, que si l’on fichait la paix à l’entreprise, les choses iraient mieux. Les contraintes excessives que l’on fait peser sur l’artisan, sur la petite entreprise, nous exaspèrent. Et le mot « entreprise » entraîne chez les Français une adhésion remarquable, très au-dessus, par exemple, du mot « syndicat ». L’entreprise et l’idée de liberté, c’est de la valeur humaine. Voilà pourquoi nous voulons la liberté pour l’entreprise, mais nous ne voulons pas de la tyrannie de l’argent sur la société. Nous ne voulons pas qu’on nous vende l’abandon du lien social sous le prétexte du libéralisme. Nous ne voulons pas d’une société qui cesse d’être une société, où l’on vit ensemble, avec des valeurs communes, pour devenir une simple addition de destins individuels. »
La démocratie est le moteur du développement
« Je ne plaide pas pour la démocratie, le respect du peuple, la séparation des pouvoirs uniquement par idéal, ou par sens moral. Je fais un constat. A examiner la liste des pays les plus développés de la planète, ceux où le niveau de vie, l’éducation, la santé, la technologie, la recherche, la culture atteignent des sommets –non seulement en termes de développement économique mais dans la réalité d’un développement humain -, on constate que ces pays-là, sans exception, sont les pays les plus démocratiques. Partout où le citoyen est respecté, où la transparence est imposée, où les règles sont strictes, le droit appliqué, où les gouvernants ne peuvent pas faire n’importe quoi, la société progresse plus vite, elle est plus prospère, plus juste, plus inventive. La démocratie n’est pas le fruit du développement, elle en est la condition, le moteur. Dans tous les pays qui avancent les yeux ouverts et ne souffrent pas de nos névroses, le respect de la représentation, l’attitude claire des dirigeants, la transparence des pouvoirs au regard des citoyens ne se discutent même pas.»
Deux partis et deux seuls
« Nous avons laissé se construire un système politique dans lequel la nation n’est ni justement ni également représentée. Seule la pensée momentanément majoritaire y est surabondamment dominante et ses tenants prétendent décider de tout. Alternativement, deux partis et deux seuls, aujourd’hui dénommés UMP et PS, largement minoritaires à eux deux dans le pays, accaparent ensemble et monopolisent la représentation. Au premier tour de la dernière élection présidentielle, le candidat de l’UMP, Jacques Chirac, et le candidat du PS, Lionel Jospin, malgré tous les moyens de l’État dont ils représentaient l’un et l’autre les pouvoirs et les cercles d’influence en place, ont obtenu ensemble au premier tour à peine 35% des voix. Pourtant la mécanique électorale est telle que leurs partis occupent à eux seuls 88% des sièges à l’Assemblée nationale. »
Les cartes ne sont pas sur la table
« Sous cette Ve République épuisée chaque fois qu’un problème doit être résolu, on découvre que les cartes ne sont pas sur la table. Les vraies cartes sont sous la table : un réseau opaque d’intérêts, partisans, claniques, économiques, médiatiques, commande les décisions qui sont prises, impose son influence à l’action de l’Etat. Cette décomposition des principes de la démocratie fait une victime directe : le peuple français, tenu à l’écart de l’essentiel de ce qui le concerne, rendu incapable d’assumer les choix de son destin, et au bout du compte entraîné au déclin par ceux-là mêmes dont la mission et le devoir consistent à le défendre. Avec la force de l’habitude, nous ne voyons plus ce qui devrait crever les yeux. Le roi est nu, et le spectacle n’est pas réjouissant. Nos observateurs hochent gravement la tête, déplorent sentencieusement chacune des faiblesses françaises. Ils mettent tout cela sur le compte du « déclin » de la France, dont ils se font les experts. »
La page va se tourner
« Et comme de tout cela les citoyens sont exclus, l’orage gronde et cherche sa foudre. Je n’ai, à la vérité, aucun doute sur l’issue. Le pouvoir, depuis vingt-cinq ans, se barricade. Mais ses murailles et ses fortifications ne tiendront pas en face de la marée qui monte. Les citoyens ont tout compris ou vont tout comprendre. Si on leur refuse l’information, ils iront la chercher, et ils la trouveront. Et ils agiront. La page va se tourner. Quand ? Comment ? C’est là qu’est pour moi la seule incertitude. Il y a des années que les avertissements se multiplient, qui prennent toutes les formes par lesquelles un peuple s’exprime quand il n’accepte plus la situation qui lui est faite. Il l’a dit dans les urnes, à l’élection présidentielle comme au référendum. Il le dit dans la fréquence des alternances. Il le dit dans la rue, parfois. Il le dit dans les banlieues. Les démagogues pensent que ce peuple insatisfait va se tourner vers eux. J’espère et je crois qu’ils se trompent et qu’ils sous-estiment les Français : ils ignorent ce que peut un peuple de bonne volonté, instruit, formé, capable, qui attend simplement qu’on le prenne au sérieux et qu’on lui donne la place qui est la sienne en démocratie, la première. Qu’on le traite en partenaire de plein droit et de plein exercice. Qu’on l’écoute et qu’on le considère. (…) Verrouilleurs et démagogues contre démocrates, le combat n’est certes pas gagné d’avance. Il commence et il va falloir le livrer. Pour moi, j’y suis résolu. »
http://www.udf.org/actualites/actu_site/2006/bayrou_tiersetat_111006.html |
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| samedi 30 décembre 2006, a 00:34 |
| FRANCOIS BAYROU A LYON |
Discours de François Bayrou Réunion publique - Bron ( 69 ) 19 décembre 2006
Seul le prononcé fait foi.
Nous sommes heureux d'être là. Je dis nous, car m'ont accompagné ce soir Marielle de Sarnez, qui va diriger la campagne, députée européenne, et Hervé Morin, président du groupe UDF à l?Assemblée nationale. J'aime beaucoup Lyon. Naturellement, un candidat à la présidence de la République aime toutes les villes qu'il traverse, mais j'aime spécialement Lyon. À telle enseigne qu'en vous écoutant et en écoutant vos applaudissements, j'avais un souvenir en mémoire, qui date des dernières élections municipales. Un matin, je me réveille vers six heures moins le quart, je fonce vers la douche chargée de me réveiller, j'allume au passage la radio, et j'entends sur France-info, en premier titre de la journée, une grande nouvelle politique « François Bayrou a décidé de se présenter aux élections municipales à Lyon » ! C'était il y a cinq ans. En réalité, c'était un journaliste qui avait trouvé cette information auprès d'un conseiller complaisant, et qui en a fait un titre. Cela a fait la une de toutes les radios pendant une matinée. Je vous passe le coup de téléphone de ma femme, qui elle aussi avait allumé la radio à ce moment-là et qui me dit « Quand tu prends une décision comme celle-là, tu pourrais me le dire », les innombrables coups de fil des amis... Bref, je suis un ancien candidat à la mairie de Lyon, candidat esquissé, mais je suis très heureux que cette idylle récente ait donné, ait créé, ou ait fait naître cette amitié profonde que j'ai pour cette ville !
Nous avons fait pendant ces deux jours toutes les étapes que Michel Mercier a évoquées à l'instant. Première étape, des entreprises, créées par des chercheurs et soutenues par un réseau formidable, qui n'est pas seulement un réseau de chefs d'entreprises habitués aux problèmes financiers et industriels, conseillant des créateurs, mais qui est un réseau de solidarité qui entretient un certain esprit et un certain idéal qui se percevait tout au long de la discussion que nous avons eue avec ceux qui ont créé le réseau « Rhône Entreprendre ». Nous avons passé l'après-midi et hier soir avec plusieurs chercheurs, une trentaine, du premier niveau mondial en biotechnologies, en sciences physiques, en génétiques, quelques-uns aussi dans des matières plus littéraires, juridiques ou politiques, pour la plupart issus de l'Ecole Normale Supérieure. Ce qui me faisait me féliciter d'avoir pris la décision d'installer à Lyon l'Ecole Normale Supérieur en Lettres et Sciences humaines lorsque j'étais ministre de l'Education nationale. Je l'ai fait avec Raymond Barre et j'en ai été très heureux (l'ENS de Sciences ayant été créée en 1987).
Après cela, nous avons rencontré une formidable association qui s'appelle « Notre Dame des sans-abri », qui est portée par cet esprit que j'évoquais, un esprit de don, de partage et de rigueur, de générosité et qui s'occupe de 500 SDF. Ce qui fait que Lyon est la grande ville de France où il y a le moins de SDF dans la rue, quelques dizaines seulement alors qu'à Paris ils se comptent par milliers. Cinq cents SDF suivis et pris en charge, car cela n'est pas le tout d'offrir un foyer ou un refuge à ceux qui sont délaissés, mais il faut aussi aller les chercher dans leurs blessures, du fait que chacun d'entre eux, familialement, professionnellement, personnellement, a perdu le regard de soi, la confiance en soi, l'estime de soi qui fait qu'un homme se tient debout, et que de rechute en rechute, si l'on n'est pas là pour l'accompagner et lui tenir la main, on ne peut pas le sortir de cette précarité, qui n'est pas que matérielle mais aussi morale. J'avais le c?ur étreint d'une immense admiration pour les animateurs de cette association, elle a 50 ans. Car ceci ce n'est pas de l'humanisme dans les mots, mais de l'humanisme dans les actes, c'est quelque chose qui donne de l'humanité, de l'espèce humaine, des êtres humains, une idée plus élevée que la vie ne la donne généralement ces temps-ci. C'était pour moi une très grande leçon de discuter avec ceux qui sont exclus et avec ceux qui les tirent de l'exclusion. Je m'empresse de dire que nous avons naturellement refusé que les caméras et appareils photos puissent assister à cette rencontre, j'ai trouvé que c'était mieux pour une certaine idée que je me fais de la politique.
Ce matin, nous avons visité le hammam de Vaulx-en-Velin, je vous passe les nombreux coups de fils que j'ai reçus de la part des observateurs et journalistes me disant « Est-ce que c'est vraiment sérieux ? ». Cette fois, ma femme ne m'a pas appelé, alors qu'elle aurait pu. Les femmes qui nous ont accueillis ont été formidables d'intelligence, de vitalité, d'optimisme et d'humanité. J'étais fier d'être leur hôte, tout comme mes amis l'étaient, et je promets une chose : ayant entendu ce qu'elles avaient à dire de leurs enfants et des amis de leurs enfants, ayant entendu ce quelles avaient à dire du sentiment de blessure qu'on ressent lorsqu'il y a des gens qui viennent vous dire qu'il faut que vous vous intégriez à une société, à un pays dont vous êtes, depuis votre naissance, membre et citoyenne. Vous n'avez pas à vous intégrer à un pays qui est le vôtre. J'ai entendu la même chose à Lille dans une visite du même ordre. J'ai un grand espoir en les femmes pour sortir les quartiers de la situation dans lesquels ils se trouvent. Une jeune femme à Lille me disait « Que pouvons-nous faire de plus ? Nous vivons comme vous nous avez demandé de vivre, nous ne portons pas le voile car vous nous avez demandé de ne pas le porter, nous avons fait des études comme vous nous avez demandé, notre mode de vie est le même que le vôtre, vos valeurs nous les partageons, nous croyons aux valeurs de la République, que pouvez-vous nous demander de plus ? Je suis bac plus 5 et quand je décroche le téléphone pour appeler une entreprise qui a un stage ou un emploi à proposer, comme je n'ai pas d'accent, il y a un intérêt pour mon profil, mais à l'instant où je dis mon nom, j'entends une porte qui se ferme et pour moi c'est fini. Alors de quelle intégration me parlez-vous ? » J'ai pris ces propos comme une adresse à l'ensemble de la Nation et de la République française. Je suis honoré d'avoir été votre hôte, et je vous assure qu'une fois élu Président de la République, je reviendrai au hammam de Vaulx-en-Velin.
Enfin, dans le Beaujolais, chez Anne de Beaujeu, nous avons rencontré de nombreux viticulteurs, d'animateurs de syndicats et d'associations viticoles avec, eux aussi, à la fois leurs chances et leurs drames. Et quand je dis « drame » je sais que ces drames peuvent hélas parfois conduire très loin. Vendre sa terre, c'est pour un certain nombre d'entre les nôtres, compatriotes, aussi une manière d'avouer un échec final. J'ai été là aussi très heureux de leur vitalité et de leur force, et de la compréhension qu'ils avaient des défis qui se présentaient à eux, qui exigent d'une profession jusqu'ici très individualiste, très fière de son indépendance, de son vignoble, d'être maître chez soi, qu'elle comprenne qu'elle va devoir s'organiser dans les années à venir pour présenter un front efficace face aux défis que le Beaujolais va rencontrer. Tout cela était une expérience formidable, une expérience humaine qui nourrit forcément la réflexion d'un homme qui va se présenter à la présidence de la République.
Et sans toutes ces rencontres entre un homme qui se présente, et des jeunes qui sont là, des femmes qui nous accueillent, des personnes âgées qui ne sortent plus, des enfants en qui on met de l'espoir, des chercheurs à la pointe du progrès de la planète, les artistes, créateurs, artisans que je mets au même rang que les artistes, toutes ces rencontres sont des rencontres charnelles, les yeux dans les yeux. C'est plus important, plus fort, que le barnum habituel des campagnes, alors je vous suis reconnaissant de ces deux jours de labourage à Lyon, dans l'agglomération et dans le département du Rhône.
J'aime beaucoup Lyon parce que j'aime les Lyonnais et, spécialement, un certain nombre de Lyonnais : je veux saluer les élus de Lyon qui m'accompagnent tous les jours : Michel Mercier, président du Conseil général du Rhône, président du groupe UDF au Sénat, et trésorier de l'UDF et de la campagne électorale. Au groupe sénatorial je salue Muguette Dini, à côté d'André Soulier que je salue aussi, et je salue Anne-Marie Comparini, députée du Rhône, ancienne présidente de la Région Rhône-Alpes. Ce sont des élus en qui je mets beaucoup de confiance et beaucoup d'espoir. C'est donc de l'avenir que je parle puisque j'ai l'intention de les aider dans toutes les entreprises qui seront les leurs dans les années qui viennent et dont je sais qu'elles seront utiles, positives pour Lyon, le département et la région. Je salue les députés européens Thierry Cornillet, et Claire Gibaud. Je salue aussi un certain nombre d'élus de la région qui n'ont pas pu nous rejoindre mais pour lesquels j'ai beaucoup d'estime : je salue Gilles Artigues et François Rochebloine, députés de la Loire, et je salue Bernard Bosson, député de Haute-Savoie.
Et quand je dis que j'aime les Lyonnais, il y a un Lyonnais que j'aime beaucoup, c'est Raymond Barre. Nous sommes quelques-uns, nombreux, à partager ce sentiment et à s'être battus nuit et jour, et ce n'est pas facile, dans l'espoir que Raymond Barre deviendrait le grand Président de la République qu'il aurait dû être. À cette époque, dans la campagne de Raymond Barre, Marielle de Sarnez était chargée d'organiser tous les déplacements en province, et moi j'étais « plume » de ceux qui étaient chargés de l'aider à rédiger les innombrables, les centaines d'interviews, de contributions écrites demandées aux candidats à l'élection présidentielle. C'est un des rares hommes de sa génération à mériter le nom d'homme d'Etat. C'est un homme qui mettait l'intérêt général au-dessus de tout, c'était un homme inflexible quand on voulait accumuler les pressions sur lui, et c'est un homme qui a donné à toute une génération une certaine idée de la politique, de la République, et de l'Etat dans la République. Je le verrai demain, et je vous promets que je lui transmettrai votre affection que je sais intacte, votre amitié, et votre reconnaissance.
Réformer l'Etat
Cela m'a donné l'idée du thème principal des propos que je veux tenir devant vous ce soir. Je voudrais vous parler de l'Etat. C'est un sujet non abordé dans la campagne présidentielle, je considère pourtant que c'est un thème essentiel car dans beaucoup de pays, la nation a précédé l'Etat. Raison pour laquelle cette idée d'une unité qui s'appelle France, d'un pays dans lequel la liberté, l'égalité et la fraternité constituent notre principale raison de vivre ensemble, cette idée-là s'incarne dans l'Etat qu'hélas nous avons laissé à travers le temps se déliter. Et je voudrais vous dire que ces idées-là doivent être les caractères de l'Etat que nous voulons reconstruire. Ces caractères mériteraient un développement profond et long à soi seul. Il y a une chose qui me frappe en parlant de l'Etat, c'est de voir à quel point en ce début de XXIième siècle, l'Etat en France est devenu le lieu de l'inégalité. L'Etat en France est omniprésent là où ça va bien, et totalement absent là où ça va mal. Dans les centres villes, autour des préfectures, dans les arrondissements de pouvoir à Paris, rive gauche et rive droite de la Seine, l'Etat est partout avec ses uniformes, ses drapeaux, ses gyrophares, avec tous les signes extérieurs de la majesté et de la puissance. Et dès que vous allez en banlieue ou dans les zones de ruralité, l'Etat est totalement absent, il a déserté de partout où ça va mal. J'ai lu récemment dans un grand journal qui n'est pas soupçonnable d'être hostile au pouvoir, que des ordres avaient été donnés à la police pour que dans un certain nombre de cités, dont la cité des Tarteraies, pour qu'il soit interdit aux forces de sécurité d'entrer dans la cité pour éviter « tout incident », des ordres ont été donnés pour qu'il y ait seulement des patrouilles périphériques à la cité. Je me souviens, cinq ans jour pour jour, des affirmations de la campagne 2002. On disait « tolérance zéro », on disait qu'il n'y aurait plus de zones de non- droit. Vous vous souvenez de ces affirmations, je vous encourage à visiter ces quartiers où la « tolérance zéro » est totalement absente. Je considère que l'Etat a déserté et que notre premier devoir est de le réimplanter là où ça va mal et de l'alléger là où ça va très bien. Et quand je dis cela, je ne parle pas seulement de l'Etat de sécurité. L'Etat de sécurité est un Etat essentiel, c'est un devoir et c'est même un article de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ! L'Etat ce n'est pas que la sécurité, c'est aussi un certain nombre de choses qui sont de l'ordre de la protection, du service, de l'assistance. Toute chose du Service Public qui est ,pour moi, un visage de l'Etat qu'il est important de réimplanter, pour qu'un certain nombre de nos compatriotes, jeunes en particulier, ne croient pas que l'Etat est « contre eux », alors que l'Etat est fait pour aider et protéger tous les citoyens français. Troisièmement, l'Etat c'est l'égalité des chances. J'ai été frappé, en lisant la presse, par la grève déclenchée dans un collège de l'agglomération lyonnaise, le Collège Alain à Saint Fons. Grève déclenchée parce que la violence quotidienne dans cet établissement ne permettait pas les conditions d'équilibre élémentaire pour transmettre les connaissances et laisser faire le travail si difficile des enseignants. Là-bas, les trottoirs et la cour de récréation étaient maculés de crachats. Et le journaliste était frappé de ce que cela voulait dire en matière de rapports humains et sur ce qui se passait entre ces murs. Accepter, nous tous, depuis le ministre jusqu'au responsable de collectivité locale, que des enseignants de la République chargés de transmettre l'égalité des chances, soient obligés de vivre dans un climat tel que, sous leurs pas, la cour et le trottoir soient maculés de crachats, c'est une désertion pour les valeurs de la République. Nous tous ici nous désertons, et il n'est donc pas étonnant que ce matin des femmes musulmanes de Vaulx-en-Velin m'aient expliqué qu'elles avaient retiré leurs enfants de l'enseignement public de chez elles pour les mettre dans des établissements privés catholiques éloignés de cette zone parce que « là au moins on s'occupe des enfants ». Et bien je considère que nous devons exiger que l'on s'occupe identiquement, avec autant de rigueur, de suivi et d'affection des enfants dans les collèges publics que privés. Je suis pour la liberté d'enseignement, j'ai même encouru jadis des manifestations atteignant jusqu'au millier de personnes, pour avoir défendu ce principe. Mais il me semble que nous abandonnons les principes fondamentaux quand nous acceptons que l'ordre public soit ainsi bafoué parce que nous sommes incapables d'imposer aux enfants, à nos enfants, de respecter la discipline scolaire et le respect des autres le plus élémentaire. Et donc j'affirme qu'il y a deux choses que nous sommes obligés de faire s'agissant de l'Etat, de l'Education nationale, spécialement dans ces collèges publics et collèges de banlieues dans ce que nous appelons ZEP, avec ce goût que l'administration a d'utiliser les sigles pour ne pas dire les choses.
L'école, l'excellence et les enseignants
Il y a deux choses qui sont notre obligation si nous voulons que tout cela reprenne la figure républicaine que nous sommes en droit d'exiger comme citoyens dans notre pays. Le retour à l'école de cette discipline scolaire élémentaire qui veut dire que l'école est engagée et protectrice. J'ai autrefois plaidé pour un mot qu'on m'a beaucoup reproché, « la sanctuarisation » des écoles. Je considère que c'est un devoir de faire que l'école apparaisse comme un lieu protégé de la rue, notamment, comme me l'ont dit des mamans, du racket, de l'insécurité, des coups, de la violence, qui font que les enfants sont aujourd'hui exposés au lieu d'être protégés. Retour de la discipline scolaire, ça veut dire que s'il y a des enfants qui sont si perturbés personnellement qu'à leur tour ils perturbent les autres, il faut leur offrir un autre cheminement scolaire, un autre type de formation, notamment s'il le faut avec des éducateurs qui leur rendent les repères sans lesquels une personnalité ne peut pas se construire et sans lesquels, si nous ne les transmettons pas, nous nous rendons responsables de non assistance à personne en danger. Je suis pour qu'on soit rigoureux dans ces choix et que les quelques dix ou quinze élèves qui rendent l'établissement invivable, on les prenne et on leur offre une autre scolarité pour que les établissements d'où ils viennent redeviennent vivables et que ce ne soit pas seulement le jeu de « chaises musicales » de l'établissement A à l'établissement B, à l'établissement C après le conseil de discipline et si tu as 16 ans, on te laisse sans éducation. Ce n'est pas responsable, or je veux que la République soit responsable.
La deuxième exigence, c'est l'excellence. Nous sommes nombreux ici issus de milieux sociaux qui n'avaient pas la chance d'être économiquement, culturellement favorisés. Mais nous avions une école de la République qui offrait une certitude : c'était que dans le plus lointain des lycées des vallées pyrénéennes, que dans le plus lointain des lycées de banlieue, on pouvait profiter des mêmes options, de la même exigence et la même excellence que dans l'établissement le plus favorisé du quartier le plus favorisé de la plus imminente capitale de notre pays. C'était l'égalité des chances républicaine. Je suis pour qu'on reconstruise cette égalité des chances républicaine. Ce qui veut dire que l'enfant éveillé, courageux, volontaire, quel que soit le milieu social dont il est issu, doit retrouver dans le collège dans lequel il est scolarisé, la chance de trouver une classe exigeante et les mêmes options que celles qu'on offre à son camarade plus favorisé. Cela veut dire un brassage complet de la manière dont on conçoit la carte scolaire dans notre pays, pour que l'égalité soit une réalité de terrain dans les quartiers, les villes, les zones rurales, d'où malheureusement elle est aujourd'hui cruellement absente. Je veux l'excellence offerte à tous, et non garantie à tous, car ce système républicain que j'appelle de mes v?ux est un système qui demande de l'effort et qui exige de chacun un effort supplémentaire, des résultats plus musclés que ceux des autres.
Ceci m'amène à parler des enseignants. Nous vivons dans un monde où les enseignants sont pris pour cible de tous les côtés de l'échiquier politique français, spécialement du côté qui leur était le plus habituel, familier et proche. Je veux au moins qu'il y ait un candidat, dans cette élection, qui explique que nous ne prenons pas les enseignants pour cible et que quand nous les prenons comme tels, en réalité nous nuisons à l'école, à l'idée que la société se fait de l'école. Je veux qu'il y ait au moins un candidat qui affirme devant la Nation que le métier d'enseignant est aujourd?hui un des métiers les plus difficiles que l'on puisse assumer, que la fonction d'enseignant est cruciale pour l'avenir de la France, que les enseignants il faut aujourd'hui les aider et non les cibler, car si on les cible, c'est une certaine image de l'Education nationale que l'on ruine. Quand j'étais ministre de l'Education nationale, j'ai demandé que l'on conduise une enquête pour savoir pourquoi dans certaines familles culturellement et économiquement favorisées, les enfants échouent et pourquoi dans certaines familles défavorisées, les enfants réussissent ? Y avait-il des raisons à cette anomalie sociologique ? Les résultats de cette étude ont été très simples et je vous les livre comme on me les a donnés. Réussissent les enfants dans les familles desquels l'école est valorisée, et échouent les enfants dans les familles desquels l'école est méprisée et non respectée. Ceci est valable non seulement pour la famille mais aussi pour la Nation. Respecter et soutenir l'école, les enseignants, c'est une condition préalable pour avoir une Education nationale digne de ce nom et une République qui soit faite concrètement de la transmission des connaissances, des valeurs, et d'une certaine manière d'être sans lesquelles nous n'avons aucune chance de figurer parmi les premières nations. Si tout le monde attaque les enseignants, j'ai bien l'intention de les défendre, non pas par opportunité politique mais par conviction profonde, et je suis sûr que vous aussi vous ferez comme moi.
Je suis pour un Etat enraciné et impartial. Je reprends ainsi l'expression dont Raymond Barre avait fait le c?ur de sa campagne en 1988. Et dix-huit ans après, l'Etat impartial c'est la même attente, la même exigence et la même déception face à la manière dont, depuis des années l'Etat est au contraire devenu le lieu où le clan au pouvoir occupe tous les postes de la République, où des nominations sont souvent de complaisance. Et comme le clan au pouvoir colonise la République, sous tous les partis au pouvoir, sans exception sur les vingt-cinq dernières années, comme c'est le clan au pouvoir qui occupe toutes les responsabilités et nomme tous les postes, comme cela est une vérité avérée, la cour se déploie, et au lieu de chercher les compétences, on cherche la servilité. Ceci est au c?ur du mal dont souffre la République française, car l'Etat se prive de compétences et les citoyens sont ainsi privés de confiance. Les nominations ne devraient pas être le fait des copinages mais des compétences. On devrait avoir la haute fonction publique et la responsabilité qui soient garanties auprès des citoyens dans leur objectivité, pour ne pas dire dans leur neutralité, ou leur impartialité. La manière dont est regardée la Justice aujourd'hui en France, avec les procès successifs qui lui sont faits, la manière dont les partis au pouvoir n'enorgueillissent d'avoir des amis et des relations à tous les lieux de la République française, cela veut dire pour les citoyens qu'ils ne sont pas assurés que l'Etat soit devant eux un interlocuteur respectable et estimable. Je suis pour qu'on bâtisse l'Etat impartial. Et pour cela il y a une décision à prendre, c'est que pour toutes les nominations, à tous les corps essentiels de la République -au Conseil Constitutionnel, au CSA?qui font des règles que tout le monde doit respecter- ces nominations ne soient plus « le fait du Prince », mais qu'on fasse comme aux Etats-Unis après nomination, un vote qui dépasse largement les frontières de la majorité et de l'opposition, pour que les grands courants soient obligés de s'associer. De cette façon, il sera dit que celui-ci ou celle-là est digne de la confiance, non pas des hommes au pouvoir, mais de la Nation toute entière. Je veux que cette règle d'impartialité devienne la règle de la démocratie française, ce qui demande des modifications constitutionnelles.
L'Etat doit enfin être dirigé, avec à sa tête un chef de l'Etat qui soit l'homme qui assume devant les Français les grandes orientations. J'ai apprécié par exemple que Jacques Chirac lors de la guerre en Irak, donne de la France une haute image. J'ai aimé qu'il conduise notre pays et sa diplomatie à un rôle, un prestige international que sans cela nous n'aurions pas eu. J'ai trouvé qu'il était à ce moment-là, comme Président de la République française, à la hauteur de ce que la France peut attendre de son Président en matière de politique étrangère. Mais j'ai regretté dans le même temps, en matière de politique intérieure, la vision qu'un Président de la République aurait dû communiquer au pays, le sentiment de ses urgences, de ses défis, l'organisation de ses efforts. J'ai regretté que tout cela disparaisse, ne soit pas soutenu devant les Français. J'ai regretté que le Président ne parle aux Français que le 14 juillet et le 31 décembre, c'est-à-dire le jour de l'année où les Français ont tout autre chose à faire que d'écouter le Président de la République française ! Le Président des Etats-Unis parle à son pays deux fois par jour. Avez-vous observé qu'il y a de longues périodes de notre vie nationale où nous voyons plus souvent le Président des Etats-Unis que le Président de la République française ? Il me semble qu'il faut que nous tournions la page pour avoir un Président qui soit présent à l'esprit et au c?ur de ses compatriotes, devant chacun des grands choix que nous devons assumer ensemble. C'est à la fonction présidentielle de dessiner l'avenir, c'est la responsabilité du Président que de s'adresser à l'esprit et l'âme de ses concitoyens, tous partis confondus, toutes opinions confondues, pour éclairer les décisions qui vont être les leurs, pour considérer qu'il a dans ses soixante millions de compatriotes, des partenaires et non des sujets à séduire. Je crois que la fonction présidentielle est une fonction de vision et c'est cette vision-là, capable de diriger l'Etat, que l'on doit construire pour l'avenir.
Enfin, il faut que l'Etat soit légitime. Pour cela, on doit changer la manière dont la démocratie fonctionne dans notre pays. On ne peut pas continuer à avoir une République dans laquelle le Parlement est tenu pour secondaire, de peu d'importance, interdit de contrôle, et mis en marge du vote de la loi. La manière dont le peuple français n'est pas représenté comme il devrait l'être dans le Parlement de la République, fait injure à nos Institutions et aux valeurs que nous prétendons transmettre en Education civique dans les écoles et lycées. Il y a là quelque chose que nous ne pouvons plus accepter et qui pénalise profondément la manière dont vit notre pays. Je rappelle un combat que j'ai mené seul et dont je suis fier. On a laissé privatiser les autoroutes sans même que les députés et sénateurs soient consultés sur cette décision. On est allé au contraire de la lettre de la loi en imposant une décision du gouvernement. Je suis allé jusqu'au Conseil d'Etat non pas comme député, je n'en avais pas le droit, mais comme citoyen. Le Conseil d'Etat m'a benoîtement expliqué que contrairement à ce que les Français croyaient, les autoroutes n'étaient pas réellement de la propriété de l'Etat. J'entends bien que toutes les habiletés juridiques sont possibles, mais il y a une chose que vous pouvez vérifier dans tous les ouvrages économiques, c'est que les autoroutes sont devenues des pompes à diffuser du liquide, et que cela ne profitera pas aux Français mais aux intérêts privés et aux actionnaires qui sont désormais propriétaires du réseau autoroutier français. S'il y avait eu un Parlement dans la République, il ne se serait pas laissé piétiner. Je suis pour qu'en France on refasse des principes républicains les piliers du fonctionnement de la République : séparation des pouvoirs, rôle du Parlement, interdiction du gouvernement de passer en force devant le Parlement, et représentation de tous les courants sans exception qui composent le peuple français, même ceux que je n'aime pas. Je préfère une représentation, y compris des extrêmes, à l'Assemblée nationale, et une confrontation directe les yeux dans les yeux, qu'un cheminement souterrain à bas bruit comme on le voit depuis des décennies, d'idéologies qui sont pour moi des idéologies inacceptables et qu'on voit tout à coup surgir au deuxième tour d'une élection présidentielle sans que personne n'ait rien vu venir. Je préfère la confrontation directe, je préfère que la République se défende avec les armes de la République, que la démocratie se défende avec les armes de la démocratie, et je préfère que nous affirmions aux yeux de tous que lorsque nous voulons reconstruire la démocratie, c'est l'affaire des républicains et non des extrêmes. C'est notre affaire et notre exigence à nous, et nous ne manquerons pas à cette exigence.
Dans notre pays, l'Etat devrait être présent, équilibré, impartial, enraciné, dirigé et légitime. Même si ce n'est pas un chapitre abordé par les candidats à l'élection présidentielle, je considère que c'est pour nous un chapitre essentiel de l'action que nous devons proposer au pays.
Soigner les maux de la France en rassemblant les Français
Dans la France qui est la nôtre, il y a de multiples crises dont il nous paraît impossible de sortir tant notre pays a épuisé ses forces dans la succession d'alternances depuis vingt-cinq ans : UMP, PS. Je vous affirme qu'il faut ouvrir une époque nouvelle de la République devant ces crises, chômage, exclusion... Je rappelle qu'il y avait en 2002 un million de personnes au RMI et c'était déjà la signature d'un immense échec, or il y a aujourd'hui 1,3 million de personnes au RMI, femmes et hommes, qui s'enfoncent dans le quotidien de l'exclusion. Et vous savez ce que c'est le quotidien de l'exclusion ? D'abord, on n'ose plus sortir parce qu'il faut répondre à la question « Que faites-vous en ce moment ? », puis on ne parle plus, puis on vit avec la honte au c?ur, puis on ne se lève plus, puis on évite de rencontrer des gens et c'est la solitude : honte, solitude et perte d'estime de soi. Je considère que ce défi de l'exclusion est une des plus immenses montagnes que nous ayons à gravir, nous comme société française, nous tous ensemble. Ce 1,3 million de personnes, moi je ne me résigne pas à les voir se perdre derrière leur porte fermée. Je considère qu'il n'y a qu'une stratégie pour faire sortir ces personnes de l'exclusion, je considère que nous ne sommes pas quitte lorsqu'on leur a signé un chèque à la fin du mois, d'un montant d'ailleurs si modeste qu'il permet juste de survivre. Je considère qu'on doit aller plus loin, on doit leur offrir une activité dans la société française dans laquelle elles montreront de nouveau leur utilité sociale, dans laquelle elles se montreront à nouveau debout, dignes de l'estime des autres et de soi. C'est une immense politique à construire qui va engager toutes les collectivités locales, toutes les associations du pays pour trouver chez toutes celles qui le peuvent, la capacité qui est la leur, la force de servir qui est la leur, pour leur proposer de se redresser. C'est à la portée de la France mais c'est une tâche immense.
Et parallèlement, dans ce pays, les déficits et la dette font peser sur les épaules de nos enfants et sur les nôtres, un prélèvement, une soustraction qui est telle que c'est évidemment une des raisons principales de l'affaissement du pouvoir d'achat aujourd'hui. Pour toute personne qui travaille en France, la dette prélève en moyenne 2000 euros par an pour rembourser les intérêts de la dette « himalayaesque » que nous avons laissé se constituer sur les vingt-cinq dernières années. Chacun des partis successifs au pouvoir est associé directement, responsable de l'accumulation de cette dette. Savez-vous que sur les cinq dernières années, la dette s'est davantage accrue que sous les années Jospin ? Naturellement, il y a eu moins de croissance, et ceci explique cela?
Je pourrais faire ainsi le tour de tous les défis qui sont devant nous. Nous avons un défi devant nous qui est l'immigration dans notre pays, et cette immigration dans notre pays, je vais vous confier ce que j'en pense. Bien sûr il y aura des contrôles, mais je ne crois ni aux murs, ni aux miradors, ni aux surveillances électroniques, ni à tous les moyens que la technique va offrir, ni à tous les policiers, tous les douaniers, tous les juges pour réguler l'immigration. Je ne crois pas à cela. Tant que nous aurons, contigus les uns aux autres, à quelques centaines de kilomètres seulement, les vingt pays les plus pauvres de la planète dans lesquels même la survie est impossible, et d'un autre côté les dix pays les plus riches, les pauvres iront chez les riches pour essayer de trouver -c'est la loi de l'espèce humaine- de quoi survivre et peut-être un jour vivre. Ils iront par bateau, ils iront à la nage, ils iront en rampant, mais ils iront, si nous ne sommes pas capables d'inverser le mouvement et de garantir quelque chose qui devrait être l'objectif de toute l'Europe : il faut garantir aux Africains, car c'est d'eux qu'il s'agit, qu'ils pourront vivre comme agriculteurs pour nourrir l'Afrique, et comme ouvrier ou artisan pour équiper l'Afrique. Et cela devrait être notre loi, puisque nous, Européens, après la guerre de 1939 c'est ce que nous avons fait, nous avons reçu le Plan Marshall et nous avons bâti le marché commun pour que les paysans nourrissent l'Europe et que les industriels et artisans européens équipent l'Europe. Nous devons bâtir une vraie politique de développement de l'Afrique, qui est la seule façon de faire que l'immigration ne soit pas le drame que nous vivons tous ensemble.
Une nouvelle donne pour la France
Tous ces défis-là, sans exception, sont des défis immenses et pour moi ils exigent une nouvelle donne politique. Je ne crois pas que la moitié du pays dressée contre l'autre moitié, cet affrontement perpétuel, cette déchirure, l'opposition systématique des uns contre les autres, l'alternance qui fait que les uns défont ce qu'ont fait les autres, je ne crois pas que cette manière de faire de la politique puisse résoudre les problèmes que j'ai énoncés devant vous : ni l'Etat, ni l'emploi, ni l'endettement, ni le climat, ni l'Europe, ni la politique de développement pour l'Afrique. À aucun de ces sujets, la guerre des partis ne peut apporter une réponse. Nous l'avons vérifié depuis vingt-cinq ans.
C'est pourquoi je crois et je propose à la France une nouvelle donne : qu'on soit capable quand on a un projet solide et précis, de dépasser les vieilles frontières des partis et que pour reconstruire la France on décide, comme cela a toujours été le cas dans son histoire, on décide de la rassembler. Je constituerai un gouvernement qui rassemblera des compétences, des femmes et des hommes compétents, des femmes et des hommes nouveaux, et je ne me laisserai pas arrêter, pour composer ce gouvernement, par les étiquettes qui font que les uns sont d'un côté et les autres d'un autre. Je veux que dans le gouvernement de la République, dans le gouvernement de redressement de la France, il y ait des femmes et des hommes qui représentent les sensibilités différentes qui tissent le peuple français. Je crois que cela est la nouvelle donne politique dont la France a besoin. C'est le seul moyen, mes chers amis, de faire que pour redresser la France on rassemble toutes ses forces, que pour redresser la France on rassemble toutes nos forces. Cela me rappelle la phrase que Kennedy utilisait autrefois « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, il est temps de vous demander ce que vous pouvez faire pour votre pays ». C'est la France de toutes nos forces. Je vous remercie. http://www.udf.org/discours/fb_lyon_191206.html |
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| samedi 30 décembre 2006, a 00:28 |
| LA SCENE |
L'espace culturel de Pfaffenhoffen dispose d'une salle multi activités d'une surface d'environ 500m² et d'une capacité de 500 places assises en version spectacle.
Un espace scénique de plus de 60m² est équipé en son et éclairage professionnel, sur structures mobiles.
Une diffusion multimédia sur écran géant à partir d'un vidéo projecteur est également à disposition.
La salle est équipée de loges et de vestiaires placés stratégiquement à côté et sous la scène.
L'espace culturel, outil indispensable à la vie associative et culturelle de Pfaffenhoffen et de son bassin de vie, est géré par le "Comité des fêtes" qui assure la programmation des manifestations.
La grande salle est également disponible en location pour des associations, des entreprises et comités d'entreprises souhaitant organiser des séminaires ou autres rencontres.
Un régisseur / technicien peut-être mis à disposition pour vous aider dans la gestion de la manifestation.
http://perso.orange.fr/lascene.pfaff/LA%20SCENE%20V2.0/index2.html |
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| samedi 30 décembre 2006, a 00:24 |
| Musée de l'Image Populaire |
Musée de l'Image Populaire
Adresse du musée : 24, rue du Docteur Albert Schweitzer Code Postal : 67350 Ville: PFAFFENHOFFEN
Musée de l'Image Populaire
Adresse du musée : 24, rue du Docteur Albert Schweitzer Code Postal : 67350 Ville: PFAFFENHOFFEN Téléphone : (0)3.88.07.80.05 Fax : (0)3.88.07.80.09 E-mail : musee.image@musees-vosges-nord.org
L'imagerie peinte et populaire fut très développée dans la région au cours des 18ème et 19ème siècles. Ce Musée unique en Europe, conserve une collection extraordinaire de peintures sous verre, souhaits de baptême, souvenirs de mariages, de communions,
confirmations, souvenirs de régiment, petits soldats en papier et mille autres images précieuses permettant de mieux comprendre la culture alsacienne.
Exposition temporaire : "De l'image au jouet... il n'y a qu'un papier. Jeux d'autrefois, enjeux d'aujourd'hui" du 7 avril au 29 octobre 2006.
Ouvert Du 02 mai au 30 septembre : Mardi de 14h à 18h, mercredi de 10h à 12h et de 14h à 18h, du jeudi au dimanche de 14h à 18h. Du 1er octobre au 30 avril : mardi, jeudi, vendredi de 14h à 17h, mercredi de 10h à 12h et de 14h à 17h, samedi et dimanche de 14h à 18h. Fermé les Vendredi Saint, 1er mai, 1er novembre, du 24 décembre au 1er janvier inclus, du 06 au 31 janvier inclus. Tarifs : Adultes : 3,50 €, enfants de moins de 16 ans : gratuit, étudiants : 2,50 €.
musee.image@musees-vosges-nord.org |
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| mercredi 27 décembre 2006, a 16:52 |
| Les logiciels libres et les wikis construisent, pour la première fois de l'histoire, une économie sur des bases de coopération et de gratuité |
Allocution de François Bayrou devant les blogueurs et entrepreneurs de l'internet réunis au congrès "Web 3.0" à Paris "Les logiciels libres et les wikis construisent, pour la première fois de l'histoire, une économie sur des bases de coopération et de gratuité." - 12.12.06
C'est très important, la blogosphère, pour moi, pour un candidat à l'élection présidentielle qui n'est pas soutenu par les médias hyper-puissants.
Il y a aujourd'hui dans la société, l'univers politique, l'univers économique, une possibilité de prise de contrôle de l'opinion publique par des puissances économiques et médiatiques. Et en face, il y a aujourd'hui un seul instrument de pluralisme, qui est la réaction de la communauté des citoyens. Et en termes médiatiques, la réaction de la communauté des citoyens, c'est la blogosphère.
Je suis là [à ce congrès "Web 3.0"] aussi parce que selon moi, dans la blogosphère, il n'y a pas seulement une capacité de faire campagne : il y a un projet de société.
Internet, c'est les citoyens qui cessent d'être passifs pour devenir actifs, qui cessent de recevoir comme on reçoit lorsqu'on est assis passivement devant l'écran de télévision— même si on peut choisir les chaînes.
On devient un acteur du monde de l'information, et au-delà du monde de l'information, un acteur de sa propre vie. C'est pour ça que j'aime bien que Thierry Crouzet définisse internet comme le "cinquième pouvoir". Pour moi, il y a, dans cette réflexion sur un nouveau pouvoir, un très grand espoir pour les hommes et pour la planète.
Je suis très frappé (ça ne va pas faire plaisir à tout le monde, mais ça ne fait rien, je le dis), par l'univers des logiciels libres et par l'univers des wikis, parce qu'il y a là une capacité de partage du savoir qui est, pour la première fois depuis des siècles, une manière de bâtir l'activité économique elle-même sur une démarche de partage et de coopération, sur autre chose que l'univers strictement marchand.
C'est une tentative de construire, sur des bases de coopération et de gratuité, une société, une économie, un partage du savoir, où tout ne repose pas sur l'échange marchand.
C'est un moment très important : l'humanité est en train de découvrir une logique de développement nouvelle. On connaissait le développement par la puissance, on connaissait le développement par l'économie, on est en train de découvrir le développement par le partage, la liberté et la connaissance.
Il paraît que vous représentez 60 millions de lecteurs, si on additionne ceux de tous vos blogs ; en tout cas, parmi vos lecteurs, il y a les femmes et les hommes qui vont porter ce nouveau projet de développement pour nos pays, la France, l'Europe - et pour l'humanité toute entière. C'est pourquoi je considère votre rencontre comme un évènement très important, et il était normal que je vienne vous le dire : je considère que ce projet, qu'internet porte aujourd'hui, est crucial dans l'histoire des hommes. http://www.udf.org/actualites/actu_site/2006/bayrou2_121206.html |
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| mercredi 27 décembre 2006, a 16:49 |
| "AU-DELA DES PARTIS ! " |
"AU-DELA DES PARTIS ! " Interview de François Bayrou Sud Ouest - 02.12.06
François Bayrou lance aujourd'hui, chez lui en Béarn, sa campagne qu'il place sous le signe du « rassemblement ».
« Sud Ouest ». Pourquoi avoir choisi le village de Serres-Castet pour annoncer votre candidature ? François Bayrou. Parce qu'il est au coeur de la circonscription que je représente depuis vingt ans à l'Assemblée nationale, et aussi parce que c'est un admirable balcon sur les Pyrénées, la ville de Pau et la plaine du gave. De surcroît, et même si c'est anecdotique, c'est le village d'origine des Bayrou.
Surtout, c'est loin de Paris ! Pour moi, c'est un geste important. C'est l'entrée dans une campagne qui doit être scellée par un acte solennel. On doit le lier avec tout ce que l'on est, avec son histoire, ses amis. J'avais examiné l'idée de faire cette déclaration à Paris, mais j'ai pensé que ce serait moins sincère, moins authentique et moins fort si je le faisais dans un lieu anonyme, moins empreint de souvenirs et d'amitié.
En Béarn, vos amis que nous avons contactés vous en sont tous reconnaissants, mais vous serez loin aussi de l'UDF, le parti que vous avez sauvé de la destruction en 2002 ? La campagne présidentielle doit se faire au-delà d'un parti, elle s'adresse à tous les Français, pas seulement aux adhérents et aux militants. Il est très important qu'un courant de pensée soit présent et actif dans une campagne présidentielle. Mes amis de l'UDF sont fiers, je crois, de ce que nous avons fait ensemble, mais ils savent bien désormais que cela s'adresse à tous les Français. Cela d'autant plus que l'heure est marquée par le besoin d'adopter une démarche qui ne soit ni partisane ni clanique. Il est très important que l'on puisse dépasser les frontières habituelles des partis et des camps.
Aujourd'hui, vous ne vous situez plus ni à droite, ni dans la majorité actuelle ? Toute élection présidentielle permet de constituer une majorité présidentielle. Je suis certain depuis longtemps qu'aucun des problèmes qui se posent à la France n'a la moindre chance d'être résolu si nous restons dans l'affrontement entre le PS et l'UMP. Au contraire, je pense qu'il faut un président de la République capable de rassembler les Français de bonne volonté et lucides au-delà des camps.
Vous pensez en trouver dans les deux camps ? En France, il y a des gens de bonne foi à droite, des gens de bonne foi à gauche, au centre ou chez les écologistes. Nous avons besoin de toutes ces sensibilités pour que le pays se redresse. On ne le redressera pas avec une partie des Français contre les autres, parce que l'une comme l'autre sera minoritaire. La majorité nouvelle que je souhaite sera une majorité d'union qui tiendra compte des principales sensibilités démocratiques. Ma démarche reconnaît qu'il y a des valeurs de droite, de gauche ou du centre qui sont importantes et justes. On a besoin de l'esprit d'entreprise, de la fermeté de l'Etat, de la solidarité et de la tolérance. Ces idées appartiennent à des camps différents, et toutes sont nécessaires.
Vous vous déclarez deux jours après Nicolas Sarkozy, qui n'a pas parfaitement réussi le lancement de sa campagne. Pensez-vous mieux faire ? (Rires) En tout cas, dans mon esprit, il n'y a pas de stratégie marketing. Je parle aux Français depuis mon pays. Tout est vrai, authentique, dans cette démarche, et je compte lui donner du contenu.
Les sondages montrent que Jean-Marie Le Pen peut figurer à nouveau au second tour en 2007. Je ne me contente pas de le regarder et il ne m'hypnotise pas. Je le prends au sérieux et j'écoute ce qu'il dit. C'est terrible pour la France. On pourrait, par exemple, repérer les étrangers et les renvoyer parce qu'il prétend que tous les maux viennent de leur présence. Il prétend aussi que l'on pourrait sortir de l'Europe, supprimer l'impôt sur le revenu. Prises au sérieux, ces idées sont porteuses d'une immense crise nationale.
Le vaste succès de Ségolène Royal au PS n'est-il pas une façon de renouveler le débat politique ? La présentation de la démocratie participative qu'elle a faite et qui consiste à écrire son programme avec des sondages ne correspond pas à ma vision de la politique. La France a besoin qu'on lui propose un chemin courageux, pas qu'on la mène dans le sens de l'opinion. On sait ce que cela nous a coûté. S'il avait fallu aller dans le sens de l'opinion, il n'y aurait jamais eu de 18 Juin. Les grandes idées sont rarement celles qui sont plébiscitées au départ par les sondages.
Parmi les grandes idées, vous mettez l'Europe. Aura-t-elle une place dans votre discours ? La crise européenne est l'une des plus importantes auxquelles la France doit faire face. On a l'impression que parmi les dirigeants, personne n'y croit plus. Qu'elle est devenue une affaire juridique ou économique. Or, l'Europe n'est pas cela. Elle consiste à peser ensemble sur l'histoire du monde, et ce n'est pas du tout ce que l'on fait. Elle est compliquée, technocratique, alors qu'elle devrait être l'affaire des citoyens, qui devraient y trouver protection et influence.
Vous aurez donc un mot pour l'Europe à Serres ? Le contraire m'étonnerait !
La rupture, c'est vous ou Sarkozy ? Le mot de rupture utilisé par quelqu'un qui est au pouvoir depuis cinq ans m'apparaît comme un abus de langage. Y ajouter l'adjectif tranquille quand on s'appelle Nicolas Sarkozy, on aurait pu trouver mieux.
Propos recueillis par Jean-Pierre Deroudille
http://www.udf.org/presse/interviews/bayrou_sudouest_021206.html |
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| mercredi 27 décembre 2006, a 16:46 |
| Les candidats ne sont pas traités à égalité par les médias |
François Bayrou à l’émission En aparté sur Canal+ Les candidats ne sont pas traités à égalité par les médias - 12.12.06
François Bayrou a déploré que les médias ne parlent que des positions des deux candidats dominants. Il a estimé que les médias ne respectent pas le pluralisme et laissent penser qu’il n’y a que deux choix à la présidentielle. François Bayrou considère que cette pratique est en rupture avec les principes républicains et qu’il appartient aux responsables politiques de rappeler ces principes.
« Les médias qui se croient dominants, se sentent obligés de faire plus d’espace aux candidats qu’ils croient dominants » a déclaré François Bayrou. Il a cité l’exemple de Nicolas Sarkozy qui a bénéficié de trois heures en prime time sur France 2, sans contradicteurs : il n’a pas souvenir que même un président de la République en exercice ait déjà eu cet espace-là pour s’exprimer... Le candidat à la présidentielle ne considère pas qu’il est maltraité par les médias – le temps de présence à l’antenne est réglementé, mais il estime que tous les candidats ne sont pas traités de la même manière : en effet, il a constaté que quel que soit le sujet traité, les médias ne présentent la position que des deux candidats qu’ils croient principaux. Selon lui, cela conduit les électeurs à penser qu’ils n’ont que deux choix : Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal. Cette manière de faire est, à ses yeux, en rupture avec les principes républicains : les médias sont détenteurs d’un pouvoir sous réserve qu’ils respectent un certain nombre de principes dont le pluralisme. François Bayrou a estimé que le travail des élus et des responsables politiques est justement de rappeler un certain nombre de principes républicains. De même, il considère que « la télévision ne devrait pas être complaisante avec des gens qui apparaissent comme favori ».
François Bayrou a estimé que nous sommes encore dans une phase de décantation de la campagne électorale avec quatre candidats principaux Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen et lui-même. Il considère qu’on se demande aujourd’hui qui peut être président de République parmi les favoris. Viendra ensuite la seconde partie de la campagne où les Français se demanderont qui peut et pourra être notre président. Autrement dit, « avec qui allons-nous nous sentir le mieux compris et le mieux représentés ? » Pour François Bayrou, cette question change tout. Il croit ainsi en ses chances d’être choisi par les Français. Il promet s’il est élu qu’il composera un gouvernement dans lequel il y a aura des sensibilités différentes venues des deux camps. Il n’a pas rejeté par avance de travailler avec Nicolas Sarkozy à partir du moment où le candidat UMP fait partie de la droite républicaine. Cependant, François Bayrou a rappelé que son projet de société ne ressemble pas au sien mais il ne considère pas le candidat UMP comme un ennemi. D’ailleurs, il est d’accord avec l’idée du ministre de l’Intérieur de créer un ministère de l’immigration qui sera chargé de traiter toutes les questions liées à ce sujet, il trouve l’idée tellement juste qu’il l’avait déjà proposée il y a plusieurs mois. François Bayrou promet également s’il est élu de changer le fonctionnement de notre démocratie afin notamment que le Parlement contrôle l’exécutif. En cas d’échec à la présidentielle, il a déclaré qu’il n’abandonnera pas la vie politique car il ne cessera jamais de se battre contre ce qu’il trouve injuste ou « moche » dans la société, il ne se résignera jamais. Il n’a pas plus peur de cette campagne électorale : il n’y a aucune raison « quand on accepte une fois pour toute que le risque fait partie de la vie ou mieux quand on accepte l’idée qu’il n’y a pas de vie qui vaille la peine sans risques ». http://www.udf.org/actualites/actu_site/2006/bayrou_121206.html |
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| mercredi 27 décembre 2006, a 16:44 |
| 4700 internautes placent François Bayrou en tête du second tour |
4700 internautes placent François Bayrou en tête du second tour
Plus de 4700 personnes ont répondu à la dernière enquête en ligne du site expression-publique.com au sujet de la campagne présidentielle. Interrogés sur leur vote possible au second tour, ils placent François Bayrou en tête dans toutes les configurations : devant Ségolène Royal (41%-37%), Nicolas Sarkozy (51%-31%) ou Jean-Marie Le Pen (69%-16%). (19/12/06) http://www.udf.org/index.html |
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| mercredi 27 décembre 2006, a 16:43 |
| « Si on veut sortir de l’impuissance, il faut voter François Bayrou ! » |
Marielle de Sarnez à l’émission Oui/Non sur LCI « Si on veut sortir de l’impuissance, il faut voter François Bayrou ! » - 18.12.06
Marielle de Sarnez a critiqué l’annonce électorale de Thierry Breton sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, les Français paieront des impôts en 2008 contrairement aux déclarations du ministre. La directrice de campagne de François Bayrou a appelé à la mise en oeuvre d’une réforme fiscale juste et efficace. Elle a expliqué notre impuissance à faire des réformes par le fait que la France est divisée camp contre camp, or le projet de François Bayrou est justement de rassembler et de réconcilier les Français pour servir l’intérêt général.
Marielle de Sarnez a estimé qu’il n’est pas sain, pas civique et pas responsable que Thierry Breton annonce avant la campagne, que les Français ne paieront pas d’impôt sur le revenu en 2008 en raison de la mise en place du prélèvement à la source à partir de 2009. La directrice de campagne de François Bayrou a déclaré que c’est évidemment faux : les Français paieront bien des impôts en 2008 mais cette année ne servira pas de base à l’impôt payé en 2009. Elle a remarqué que Thierry Breton aurait pu aborder cette question lors du débat budgétaire, cela aurait été une démarche plus démocratique et plus citoyenne... Sur le fond, l’UDF est favorable au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la plupart des pays européens l’appliquant déjà. Marielle de Sarnez en a profité pour rappeler les autres promesses de la majorité : Jacques Chirac avait annoncé en 2002, une baisse des impôts de 30%, en réalité, les prélèvements obligatoires ont augmenté ; dans l’opposition, François Hollande annonce aujourd’hui une hausse des impôts… Elle a jugé qu’il n’était pas « sérieux de jouer au yoyo avec la politique fiscale et l’argent des Français » : la vice-présidente de l’UDF souhaite que l’on cesse de remettre en cause la fiscalité à chaque changement de majorité et que l’on s’attache à faire une réforme qui soit à la fois juste et efficace. La directrice de campagne de François Bayrou est convaincue que l’on ne peut pas faire les réformes en France tant que les forces politiques ne sont pas rassemblées : les Français récusent, selon elle, les réformes parce qu’il pensent qu’elles servent les intérêts d’un camp, d’un parti politique. Résultat, nous avons eu huit alternances en vingt-cinq ans et la vie des Français ne s’est pas améliorée. Elle estime ainsi que Jean-Marie Le Pen prospère sur cette impuissance politique à faire les réformes dont la France a besoin alors que tous les pays européens les ont déjà menées. Marielle de Sarnez a expliqué que François Bayrou souhaite former un gouvernement ouvert à des personnes de sensibilités différentes : « on veut rassembler et réconcilier les Français autour d’un projet de gouvernement cohérent ». Le candidat à la présidentielle veut notamment faire de la France, un pays pro-entreprise pour l’emploi et la croissance : la vice-présidente de l’UDF a expliqué que nous ne pouvons exercer correctement la solidarité si nous ne sommes pas efficaces sur le plan économique. Solidarité et efficacité économique, nous avons besoin des deux. Enfin, interrogée sur l’action de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, Marielle de Sarnez a jugé son bilan moyen. Il a, selon elle, donné le sentiment de se battre beaucoup pour les problèmes de sécurité mais il a fait trop de lois, ce qui tue l’action politique : « à chaque fois qu’il y a un problème, on fait une loi ». La directrice de campagne de François Bayrou fait surtout deux reproches au ministre de l’Intérieur : elle trouve qu’il oppose constamment les Français les uns aux autres alors qu’il faudrait faire exactement le contraire pour faire avancer notre pays. Second reproche : Nicolas Sarkozy met l’immigration en avant dans la campagne et fait croire que l’on peut régler le problème à l’intérieur de nos frontières alors que c’est une question pour toute l’Europe. http://www.udf.org/actualites/actu_site/2006/sarnez_181206.html |
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