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LE BLOG DE PIERRE MARMILLOD
vendredi 15 décembre 2006, a 17:03
François Bayrou peut-il créer la surprise en 2007 ?

  François Bayrou peut-il créer la surprise en 2007 ? LEMONDE.FR | 12.12.06 | 15h47  •  Mis à jour le 12.12.06 | 17h45 OAS_AD('Frame1'); Conservez cet article dans votre classeur.








ean LECOURT : Les Français aiment le clivage, les parties en deux camps comme au foot, la dichotomie, la simplification "ou bien", "ou bien". Peut-on vraiment espérer qu'ils se laissent séduire par cette éternelle troisième voie qui ne semble pas conforme à leur représenation du combat comme du choix politique ? En un mot, peut-on voter pour l'arbitre ?

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} Pascal Perrineau : Il n'est pas évident que les Français aiment le clivage. Il y a en France, depuis longtemps, un désir de centre, un désir de rassemblement au-delà du clivage gauche-droite, mais les institutions de la Ve République, le mode de scrutin majoritaire à deux tours rendent très difficile l'accomplissement de ce désir.  

A la présidentielle de 1965, ainsi qu'à celle de 1969, les candidats centristes (Lecanuet puis Poher) avaient réalisé de très bons scores mais, au second tour, avaient été victimes du choix bipolaire.  

Jean : Dans le cas où aucun candidat chiraquien ne se présente au premier tour, M. Bayrou peut-il bénéficier du report de voix d'une partie des électeurs UMP, effrayés par le projet de M. Sarkozy ?

Pascal Perrineau : Pour l'instant, Nicolas Sarkozy est fermement enraciné au cœur de l'électorat de droite. L'espace pour ses concurrents est faible, et même ténu.  

François Bayrou ne peut profiter que d'un courant marginal d'électeurs chiraquiens qui seraient plus ou moins effrayés par tel ou tel aspect de la personnalité ou du programme du président de l'UMP.  

Les électeurs proches de l'UMP se retrouvent massivement dans Nicolas Sarkozy, et plutôt que de chercher à capter un éventuel antisarkozysme d'électeurs de droite, le président de l'UDF devrait tenter d'attirer les électeurs sur des valeurs positives et non sur des valeurs de rejet.  

Sebtajan : Quel est, à votre avis, le pourcentage de personnes votant traditionnellement à gauche tentées par le mouvement de M. Bayrou ?   

Pascal Perrineau : Les enquêtes dont nous disposons depuis plusieurs mois montrent que ce courant d'électeurs de gauche séduits par la candidature de François Bayrou est tout à fait marginal. Selon la dernière enquête TNS-Sofres des 6 et 7 décembre 2006, 3 % seulement des électeurs de gauche envisagent de voter en faveur de François Bayrou.  

Bmairesse : Quel est alors le profil type de l'électeur "bayrouiste" ?  

Pascal Perrineau : L'électeur type de François Bayrou vient plutôt des couches sociales les plus favorisées (17 % des cadres et professions intellectuelles ont, dans la dernière enquête Sofres, l'intention de voter pour le président de l'UDF) ; des électeurs de la maturité (François Bayrou n'attire que 2 % des intentions de vote des 18-24 ans) ; et enfin des électeurs proeuropéens (François Bayrou rassemble 15 % des intentions de vote chez les électeurs de droite qui avaient voté oui au Traité constitutionnel européen).  

Bugul Saout : En évoquant ses racines paysannes lors de la présentation de sa candidature, F. Bayrou peut-il séduire des électeurs urbains et/ou ruraux ? 

Pascal Perrineau : L'ancrage de François Bayrou dans un département et une circonscription où la ruralité est encore présente ne suffit pas à entraîner une séduction électorale des milieux paysans. Ces milieux paysans sont davantage attirés par le patron de l'UMP, par la protestation de Chasse, pêche, nature et traditions, et par Jean-Marie Le Pen.  

La base électorale de François Bayrou est davantage urbaine, dans la mesure où sa clientèle est une clientèle de cadres supérieurs et de cadres moyens qui travaillent et vivent en milieu urbain.  

LOVILLOIS : Comment Bayrou peut-il croire que la France est prête pour un gouvernement de salut public avec en son sein des personnalités de toute sensibilité politique ?  

Pascal Perrineau : Les gouvernements de salut public n'ont eu l'occasion de s'épanouir en France que dans des contextes dramatiques ou de sortie de guerre. Aujourd'hui, il n'y a pas un tel contexte de menace qui amènerait une majorité de Français à désirer un tel gouvernement.  

Pour l'instant, les Français se retrouvent davantage dans des gouvernements de rassemblement de la droite ou de la gauche. Ils imaginent malaisément un gouvernement de concentration des droites et des gauches. Il faut dire que la tradition de tels gouvernements "de grande coalition" est en France quasi inexistante, contrairement à ce qui se passe au-delà du Rhin, où le gouvernement de Mme Merkel rassemble SPD et CDU-CSU.  

Julien : De par son positionnement antisystème, François Bayrou ne chasse-t-il pas, d'une certaine manière, sur les mêmes terres que les extrêmes ?  

Pascal Perrineau : En effet, une partie du discours de François Bayrou se nourrit d'une dénonciation du système, des élites, de Paris, de la classe politico-médiatique, etc. En cela, il participe d'une culture "populiste" que l'on retrouve dans certains courants extrémistes. Il n'est pas évident qu'un tel type de discours soit crédible dans sa bouche et que cela lui rapporte un nombre significatif de voix.  

Qu'il le veuille ou non, François Bayrou est un homme qui appartient au système (longue carrière ministérielle, président d'un des principaux partis de la coalition des droites, élu local, etc.). Un certain nombre d'électeurs peuvent ressentir un malaise à entendre un homme "du système" tenir un discours trop systématiquement "antisystème".  

Pins : Les Français, en se rapprochant des extrêmes, ne marquent-ils pas leur exaspération du clivage droite/gauche ?  

Cyranoter : Croyez-vous que la majorité des Français accepte encore le clivage droite-gauche ? Comme disent mes petits-enfants : "c'est ringard"...  

Pascal Perrineau : La contestation des extrêmes, si elle s'enracine dans une déception vis-à-vis de la droite de gouvernement et de la gauche de gouvernement, n'en renie pas pour autant le clivage gauche-droite. Au contraire. L'extrême gauche prétend être la "vérité de la gauche", et l'extrême droite la "vraie droite". Il y a donc, dans une partie de la pulsion extrémiste, une volonté de "retour aux sources idéologiques".  

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Cependant, nombre d'enquêtes montrent que les Français ont un malaise vis-à-vis du clivage gauche-droite. Plus d'un tiers d'entre eux, lorsqu'ils sont appelés à se situer sur un axe gauche-droite, se réfugient dans le "ni gauche ni droite". Ce pourcentage de "ninistes" est particulièrement élevé chez les jeunes.  

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} 6"); function loadFlashMiddle1(){ if(navigator.userAgent.indexOf("MSIE") != -1 && navigator.userAgent.indexOf("Opera") == -1){ if (extFlashMiddle1.readyState == "complete") { FlashObject("http://a1692.g.akamai.net/n/1692/2042/1077898746/pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/Creatives/OasDefault/lm_snet_actu_dec_middle/endesa300.swf?clicktag=http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/FRANCE-LEMONDE/articles_france/exclu/362631269/Middle/OasDefault/lm_snet_actu_dec_middle/endesa.html/64356466386532373435383263373130?", "OAS_AD_Middle", "width=300 height=250", "", "clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" ,"6", "FinContentMiddle1"); extFlashMiddle1.onreadystatechange = ""; } extFlashMiddle1.onreadystatechange = loadFlashMiddle1; } else { OASfp=" Menu=FALSE swModifyReport=TRUE width=300 height=250 "; OASd.write(""); OASd.write(""); OASd.write(""); OASd.write(""); } } loadFlashMiddle1(); } else { OASd.write("");} if(!document.body) document.write(""); //--> on error resume next plug =(IsObject(CreateObject("ShockwaveFlash.ShockwaveFlash.6"))) Autre élément du malaise : deux tiers des Français disent aujourd'hui qu'ils n'ont confiance ni dans la gauche ni dans la droite pour gouverner. Cela signifie que la gauche et la droite ont perdu la confiance de la majorité de leur électorat, mais aussi cela veut dire que d'autres clivages viennent brouiller les clivages politiques fondamentaux.

En particulier, la société française, comme beaucoup de sociétés européennes, est traversée d'un clivage nouveau entre ceux qui sont partisans, face au défi de l'Europe et de la mondialisation, d'un recentrage national, et ceux qui considèrent que le pays a plus à gagner qu'à perdre à l'ouverture au grand vent du dehors. Ce clivage entre société ouverte et société du recentrage national traverse la gauche et la droite. On l'a vu de manière évidente lors du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen.  

Aelia17 : Après s'être si radicalement distingué de la ligne de l'UMP, François Bayrou pourra-t-il encore appeler à voter Sarkozy (dans l'hypothèse d'un second tour Sarkozy-Royal) ?  

Pascal Perrineau : Bien sûr. L'heure aujourd'hui est celle du premier tour de l'élection présidentielle. On cultive alors sa différence. Le deuxième tour sera l'heure du rassemblement de sa famille. François Bayrou appartient depuis toujours à la famille des droites, et il serait étonnant qu'il soit le premier candidat de l'UDF à ne pas appeler à l'unité des droites au second tour. Raymond Barre l'avait fait en 1988, Edouard Balladur l'avait fait en 1995, François Bayrou l'avait fait en 2002, on voit mal comment un nouveau François Bayrou refuserait d'exprimer cette solidarité.  

Enfin, il ne faut pas oublier que derrière l'élection présidentielle, il y a les élections législatives, et qu'à peu près tous les députés UDF dépendent, pour leur réélection, des électeurs de l'UMP. Nécessité oblige...  

Dollar : A quel candidat pourrait bénéfier un éventuel report des voix des partisans de François Bayrou au second tour ?  

Pascal Perrineau : Dans l'optique d'un second tour entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, une majorité des électeurs de François Bayrou devraient rejoindre le camp de Nicolas Sarkozy. Cependant, les "déchets" des reports des électeurs de François Bayrou pourront contribuer à nourrir une éventuelle dynamique de la candidate du Parti socialiste.  

Celle-ci, pour devenir majoritaire au second tour, aura besoin d'une partie des électeurs de François Bayrou et d'une partie des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Les électeurs de la gauche à eux seuls ne suffiront pas à la construction d'une possible victoire "royaliste".  

Sigisbert : François Bayrou peut-il être à la droite en 2007 ce que J.-P. Chevènement a été à la gauche en 2002 ?  

Pascal Perrineau : Pour l'instant, dans les intentions de vote, François Bayrou est au niveau de 2002 et ne menace pas l'hégémonie de Nicolas Sarkozy sur le camp de la droite. Jean-Marie Le Pen et son niveau élevé d'intentions de vote entament davantage le capital électoral des droites que ne le fait François Bayrou.  

Savonarole : Il semblerait que le vote utile joue un rôle majeur en avril 2007. Dans ce contexte, une surprise Bayrou paraît mécaniquement très peu probable. Qu'est-ce qui pourrait selon vous mettre à mal cette analyse ?  

Pascal Perrineau : Nous sommes encore loin de la dernière ligne droite. A cinq mois de l'élection présidentielle, en 2002, les deux principaux candidats de gauche et de droite ne paraissaient pas menacés par la dispersion. La dispersion est venue au dernier moment. Un tel scénario peut se renouveler.  

Tout dépendra du nombre de candidatures à l'issue de la procédure de recueil des cinq cents signatures d'élus locaux, du degré de mauvaise humeur des électeurs, et des éventuels dérapages ou faux pas des deux principaux candidats. Il est trop tôt pour le prévoir.  

Ben : En cas de bon résultat au premier tour, Bayrou pourrait-il négocier un bon ministère (pourquoi pas un poste de premier ministre?) avec l'UMP ?  

Pascal Perrineau : Plus le score du patron de l'UDF sera élevé, plus la place de l'UDF dans le dispositif d'une droite gouvernementale victorieuse sera importante.  

Cependant, lorsqu'on reprend l'histoire longue de l'UDF, il est frappant de voir que celle-ci pèse aujourd'hui beaucoup moins que dans le passé. Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF, avait rééquilibré le rapport de force entre celle-ci et les héritiers du gaullisme. Raymond Barre, en 1988, avait emmené l'UDF à plus de 16 %. Edouard Balladur, en 1995, l'avait emmenée à 19 %.  

Depuis la fin des années 1990, l'érosion électorale de l'UDF est patente, et en 2002, François Bayrou n'avait réussi qu'un modeste 6,8 % des suffrages. La capacité d'influence de l'UDF est donc, sauf retour en grâce – peu prévisible pour l'instant –, relativement modeste.  

Bénard : Pensez-vous sérieusement que M. Bayrou, qui compte dans la vie politique mais peu en termes d'électorat, puisse dépasser 10 % ?  

Pascal Perrineau : Mesuré en termes d'intentions de vote depuis de nombreux mois, le patron de l'UDF ne connaît pas de dynamique. Il oscille entre 6 et 8 %.  

Cependant, il n'est pas inenvisageable qu'une dynamique de campagne puisse jouer à son profit et qu'une partie de l'électorat, lassée d'un affrontement bipolaire trop prévu et trop prévisible, se retourne vers un "ailleurs" dont pourrait faire partie François Bayrou. Pour l'instant, ce n'est pas le scénario le plus probable.  

Ph : L'UDF survivra-t-elle à François Bayrou ?  

Pascal Perrineau : L'UDF est l'héritière d'une longue histoire. Après la guerre, un courant démocrate chrétien s'était structuré derrière le MRP. Sous la Ve République, le centrisme a cherché à exister, d'abord sous forme autonome (1965-1969), puis comme force associée à la droite (depuis 1974).  

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Cette force chargée d'histoire est solidement implantée dans le territoire national au travers d'un réseau d'élus enracinés dans des régions "historiques" (l'Ouest, l'Est, le sud-est du Massif central, les Pyrénées-Atlantiques).
Il y a donc une histoire et une géographie qui accordent une permanence à ce courant politique au-delà des hommes qui l'incarnent.  

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} 5 Brailsford : Vous faites une analyse en fonction du passé alors qu'on peut penser que les élections de 2007 seront les plus importantes de la Ve République et vont modifier le paysage politique français.  

Pascal Perrineau : Une élection présidentielle, comme tout événement politique, est un mélange intime et complexe de passé et d'avenir. Pour l'UDF, ce passé est celui de la géographie et de l'histoire que je viens de décrire. Il est aussi celui de la constance de ses combats européens.  

Pour l'avenir, il revient à M. Bayrou de le dessiner et de l'incarner. Pour cela, il doit trouver deux ou trois valeurs cardinales autour desquelles organiser sa campagne. D'une certaine manière, on voit comment Nicolas Sarkozy mobilise autour des valeurs de mérite, de travail et de sécurité. Comment Ségolène Royal rassemble un électorat de gauche autour des valeurs de protection et de participation.  

François Bayrou doit trouver son propre corpus de valeurs, et ne pas simplement se poser en s'opposant (à la droite ou à la gauche). Pour l'UDF, le défi est d'exister par elle-même.  

Alatheos : François Bayrou est-il victime d'un mouvement plus ou moins latent d'anti-européanisme qui s'enracine dans la société ?  

Pascal Perrineau : Je ne crois pas. Les électeurs vont aller voter à l'élection présidentielle avec d'autres préoccupations que celle de la construction européenne : l'emploi, la protection sociale, l'insécurité, la lutte contre les inégalités sont des enjeux aujourd'hui beaucoup plus structurants du vote présidentiel qu'un éventuel européisme ou antieuropéisme. Ce qui ne veut pas dire que la question européenne ne soit pas présente dans tous les grands enjeux que je viens de citer.  

Brailsford : L'UDF n'est pas qu'un opposant, elle présente des solutions pragmatiques qu'elle a notamment développées dans le cadre de ses colloques sur l'emploi ou l'éducation notamment...  

Pascal Perrineau : Il est évident que l'UDF a fait un effort programmatique, mais le problème est de rendre cet effort visible. Pour l'instant, beaucoup d'électeurs retiennent la manière dont François Bayrou se pose en s'opposant à la droite et à la gauche. Ils retiennent également la manière dont François Bayrou rejette le style sarkoziste et le style royaliste.  

Au fond, la tâche des mois à venir pour le président de l'UDF est de repartir des propositions programmatiques de son parti et de "positiver" davantage son discours autour de celles-ci.  

Pierre : Quel sera l'avenir de l'UDF si François Bayrou ne dépasse pas les 5 % ?  

Pascal Perrineau : En dessous de 5 %, l'UDF entre dans une zone de "menace". Entre 5 et 10 %, elle reste en revanche dans son statut de "force d'appoint", qui est sa position actuelle. Au-dessus de 10 %, elle pourra négocier une place plus importante dans le dispositif d'une éventuelle majorité de droite.  

Au fond, on s'aperçoit que les divisions partisanes qui ont affecté l'UDF, en particulier lors de la création de l'UMP, ont laissé des traces électorales et rendent la tâche difficile à François Bayrou.  

Titem : Que pensez-vous de la critique de François Bayrou sur la manière dont les grands médias imposeraient aux Français de faire un choix bipolaire (gauche ou droite) ?  

Pascal Perrineau : Les Français n'ont pas besoin des médias pour se retrouver dans la gauche et dans la droite. Le clivage gauche/droite existe en France depuis deux siècles. Il a connu de nombreux avatars, mais son existence ne dépend pas d'une éventuelle "construction médiatique".  

Cependant, comme à chaque élection présidentielle, les candidats qui ne retrouvent pas dans les intentions de vote le score qu'ils espèrent ont tendance à transformer les médias en bouc émissaire de cette situation. On n'a jamais mobilisé les électeurs en ostracisant les médias. A trop vouloir le faire, on transforme son discours en discours négatif.  

Saintlazare : A vous lire, on sent la surprise "Bayrou" peu probable. Est-ce le cas ? Quelle autre surprise pourrait intervenir ?  

Pascal Perrineau : Pour l'instant, si l'on se base sur les enquêtes d'opinion, le "troisième homme" est, comme cela avait été le cas en 2002, Jean-Marie Le Pen, et non le président de l'UDF. Cependant, la volatilité de l'électorat, l'évolution rapide des enjeux de campagne, tel ou tel événement de la conjoncture nationale ou internationale peuvent déplacer les lignes.  

En 2002, certains avaient cru que le troisième homme était Jean-Pierre Chevènement. A la fin des fins, ça a été Jean-Marie Le Pen qui s'est imposé comme deuxième homme. En 2007, le troisième homme prévu peut éventuellement se faire "doubler".  

Pour créer une véritable surprise, il faudrait que François Bayrou arrive à rassembler derrière son nom tous les électeurs qui se sentent proches de l'UDF. Ce n'est pas le cas pour l'instant. Dans la dernière enquête TNS Sofrès, 54 % seulement d'électeurs proches de l'UDF affirment leur intention de voter Bayrou. 29 % choisissent le président de l'UMP, 8 % celui du FN, 5 % la candidate socialiste. Cette dispersion des intentions de vote des électeurs de l'UDF est une des raisons de la faiblesse relative de François Bayrou.  

Chat modéré par Sophie Atlan et Constance Baudry

9http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-844916@45-2,0.html

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