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LE BLOG DE PIERRE MARMILLOD
mardi 20 février 2007, a 09:05
Bayrou continue de grimper

 

Tandis que Ségolène Royal reprend pied, la cote du candidat centriste de cesse d’augmenter : il battrait même les deux favoris en cas de second tour.   François Bayrou récolterait 16% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, selon deux sondages publiés aujourd'hui (Ifop pour Fiducial et LCI, et Ipsos pour Le Point). Un score inédit pour le candidat de l’UDF qui profite d’une nouvelle hausse de 2 points. Il serait cependant devancé par Nicolas Sarkozy (Ifop: 32%, -1.5, Ipsos: 33%,-1) et Ségolène Royal (Ifop: 25.5%, -0.5, Ipsos: 23%, -4).
 
 Derrière le trio de tête, on trouve dans l’ordre, dans le sondage Ifop, Jean-Marie Le Pen (11%,+1), Olivier Besancenot (4%, +1), Philippe de Villiers (2,5%, +1), José Bové à 2%, comme Arlette Laguiller (-0,5) et Marie-George Buffet (=). Dominique Voynet est à 1,5% (-0,5), Corinne Lepage à 1% (=) et Nicolas Dupont-Aignan à 0,5% (-0,5). 
 
 Chez Ipsos, Jean-Marie Le Pen est stable à 13%. Olivier Besancenot est à 4% (+1,5), Marie-George Buffet à 2,5% (+0,5), José Bové à 2% (=), Arlette Laguiller à 1,5% (-0,5), comme Philippe de Villiers (+0,5). Dominique Voynet recueille 1% (=), comme Frédéric Nihous (+0,5). Corinne Lepage, Nicolas Dupont-Aignan et Gérard Schivardi sont crédités de 0,5%.
 
 Pour le second tour, Ségolène Royal semble reprendre pied dans le sondage Ifop. Elle perdrait certes avec 47% des voix contre 53% pour Nicolas Sarkozy, mais gagne un point dans ce duel. En revanche, la cote de la candidate socialiste baisse chez l'institut Ipsos: elle recueille 46% (-1), alors que Nicolas Sarkozy gagne un point à 54%.
 
 Mais la surprise vient à nouveau de François Bayrou, qui gagnerait la course à l’Elysée quelque soit son adversaire, selon l'enquête Ifop. Il l'emporterait aussi bien face à Ségolène Royal (54% contre 46%), que contre Nicolas Sarkozy (52% contre 48%).
 

vendredi 15 décembre 2006, a 17:03
François Bayrou peut-il créer la surprise en 2007 ?

  François Bayrou peut-il créer la surprise en 2007 ? LEMONDE.FR | 12.12.06 | 15h47  •  Mis à jour le 12.12.06 | 17h45 OAS_AD('Frame1'); Conservez cet article dans votre classeur.








ean LECOURT : Les Français aiment le clivage, les parties en deux camps comme au foot, la dichotomie, la simplification "ou bien", "ou bien". Peut-on vraiment espérer qu'ils se laissent séduire par cette éternelle troisième voie qui ne semble pas conforme à leur représenation du combat comme du choix politique ? En un mot, peut-on voter pour l'arbitre ?

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} Pascal Perrineau : Il n'est pas évident que les Français aiment le clivage. Il y a en France, depuis longtemps, un désir de centre, un désir de rassemblement au-delà du clivage gauche-droite, mais les institutions de la Ve République, le mode de scrutin majoritaire à deux tours rendent très difficile l'accomplissement de ce désir.  

A la présidentielle de 1965, ainsi qu'à celle de 1969, les candidats centristes (Lecanuet puis Poher) avaient réalisé de très bons scores mais, au second tour, avaient été victimes du choix bipolaire.  

Jean : Dans le cas où aucun candidat chiraquien ne se présente au premier tour, M. Bayrou peut-il bénéficier du report de voix d'une partie des électeurs UMP, effrayés par le projet de M. Sarkozy ?

Pascal Perrineau : Pour l'instant, Nicolas Sarkozy est fermement enraciné au cœur de l'électorat de droite. L'espace pour ses concurrents est faible, et même ténu.  

François Bayrou ne peut profiter que d'un courant marginal d'électeurs chiraquiens qui seraient plus ou moins effrayés par tel ou tel aspect de la personnalité ou du programme du président de l'UMP.  

Les électeurs proches de l'UMP se retrouvent massivement dans Nicolas Sarkozy, et plutôt que de chercher à capter un éventuel antisarkozysme d'électeurs de droite, le président de l'UDF devrait tenter d'attirer les électeurs sur des valeurs positives et non sur des valeurs de rejet.  

Sebtajan : Quel est, à votre avis, le pourcentage de personnes votant traditionnellement à gauche tentées par le mouvement de M. Bayrou ?   

Pascal Perrineau : Les enquêtes dont nous disposons depuis plusieurs mois montrent que ce courant d'électeurs de gauche séduits par la candidature de François Bayrou est tout à fait marginal. Selon la dernière enquête TNS-Sofres des 6 et 7 décembre 2006, 3 % seulement des électeurs de gauche envisagent de voter en faveur de François Bayrou.  

Bmairesse : Quel est alors le profil type de l'électeur "bayrouiste" ?  

Pascal Perrineau : L'électeur type de François Bayrou vient plutôt des couches sociales les plus favorisées (17 % des cadres et professions intellectuelles ont, dans la dernière enquête Sofres, l'intention de voter pour le président de l'UDF) ; des électeurs de la maturité (François Bayrou n'attire que 2 % des intentions de vote des 18-24 ans) ; et enfin des électeurs proeuropéens (François Bayrou rassemble 15 % des intentions de vote chez les électeurs de droite qui avaient voté oui au Traité constitutionnel européen).  

Bugul Saout : En évoquant ses racines paysannes lors de la présentation de sa candidature, F. Bayrou peut-il séduire des électeurs urbains et/ou ruraux ? 

Pascal Perrineau : L'ancrage de François Bayrou dans un département et une circonscription où la ruralité est encore présente ne suffit pas à entraîner une séduction électorale des milieux paysans. Ces milieux paysans sont davantage attirés par le patron de l'UMP, par la protestation de Chasse, pêche, nature et traditions, et par Jean-Marie Le Pen.  

La base électorale de François Bayrou est davantage urbaine, dans la mesure où sa clientèle est une clientèle de cadres supérieurs et de cadres moyens qui travaillent et vivent en milieu urbain.  

LOVILLOIS : Comment Bayrou peut-il croire que la France est prête pour un gouvernement de salut public avec en son sein des personnalités de toute sensibilité politique ?  

Pascal Perrineau : Les gouvernements de salut public n'ont eu l'occasion de s'épanouir en France que dans des contextes dramatiques ou de sortie de guerre. Aujourd'hui, il n'y a pas un tel contexte de menace qui amènerait une majorité de Français à désirer un tel gouvernement.  

Pour l'instant, les Français se retrouvent davantage dans des gouvernements de rassemblement de la droite ou de la gauche. Ils imaginent malaisément un gouvernement de concentration des droites et des gauches. Il faut dire que la tradition de tels gouvernements "de grande coalition" est en France quasi inexistante, contrairement à ce qui se passe au-delà du Rhin, où le gouvernement de Mme Merkel rassemble SPD et CDU-CSU.  

Julien : De par son positionnement antisystème, François Bayrou ne chasse-t-il pas, d'une certaine manière, sur les mêmes terres que les extrêmes ?  

Pascal Perrineau : En effet, une partie du discours de François Bayrou se nourrit d'une dénonciation du système, des élites, de Paris, de la classe politico-médiatique, etc. En cela, il participe d'une culture "populiste" que l'on retrouve dans certains courants extrémistes. Il n'est pas évident qu'un tel type de discours soit crédible dans sa bouche et que cela lui rapporte un nombre significatif de voix.  

Qu'il le veuille ou non, François Bayrou est un homme qui appartient au système (longue carrière ministérielle, président d'un des principaux partis de la coalition des droites, élu local, etc.). Un certain nombre d'électeurs peuvent ressentir un malaise à entendre un homme "du système" tenir un discours trop systématiquement "antisystème".  

Pins : Les Français, en se rapprochant des extrêmes, ne marquent-ils pas leur exaspération du clivage droite/gauche ?  

Cyranoter : Croyez-vous que la majorité des Français accepte encore le clivage droite-gauche ? Comme disent mes petits-enfants : "c'est ringard"...  

Pascal Perrineau : La contestation des extrêmes, si elle s'enracine dans une déception vis-à-vis de la droite de gouvernement et de la gauche de gouvernement, n'en renie pas pour autant le clivage gauche-droite. Au contraire. L'extrême gauche prétend être la "vérité de la gauche", et l'extrême droite la "vraie droite". Il y a donc, dans une partie de la pulsion extrémiste, une volonté de "retour aux sources idéologiques".  

François Bayrou peut-il créer la surprise en 2007 ? LEMONDE.FR | 12.12.06 | 15h47  •  Mis à jour le 12.12.06 | 17h45
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Cependant, nombre d'enquêtes montrent que les Français ont un malaise vis-à-vis du clivage gauche-droite. Plus d'un tiers d'entre eux, lorsqu'ils sont appelés à se situer sur un axe gauche-droite, se réfugient dans le "ni gauche ni droite". Ce pourcentage de "ninistes" est particulièrement élevé chez les jeunes.  

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} 6"); function loadFlashMiddle1(){ if(navigator.userAgent.indexOf("MSIE") != -1 && navigator.userAgent.indexOf("Opera") == -1){ if (extFlashMiddle1.readyState == "complete") { FlashObject("http://a1692.g.akamai.net/n/1692/2042/1077898746/pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/Creatives/OasDefault/lm_snet_actu_dec_middle/endesa300.swf?clicktag=http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/FRANCE-LEMONDE/articles_france/exclu/362631269/Middle/OasDefault/lm_snet_actu_dec_middle/endesa.html/64356466386532373435383263373130?", "OAS_AD_Middle", "width=300 height=250", "", "clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" ,"6", "FinContentMiddle1"); extFlashMiddle1.onreadystatechange = ""; } extFlashMiddle1.onreadystatechange = loadFlashMiddle1; } else { OASfp=" Menu=FALSE swModifyReport=TRUE width=300 height=250 "; OASd.write(""); OASd.write(""); OASd.write(""); OASd.write(""); } } loadFlashMiddle1(); } else { OASd.write("");} if(!document.body) document.write(""); //--> on error resume next plug =(IsObject(CreateObject("ShockwaveFlash.ShockwaveFlash.6"))) Autre élément du malaise : deux tiers des Français disent aujourd'hui qu'ils n'ont confiance ni dans la gauche ni dans la droite pour gouverner. Cela signifie que la gauche et la droite ont perdu la confiance de la majorité de leur électorat, mais aussi cela veut dire que d'autres clivages viennent brouiller les clivages politiques fondamentaux.

En particulier, la société française, comme beaucoup de sociétés européennes, est traversée d'un clivage nouveau entre ceux qui sont partisans, face au défi de l'Europe et de la mondialisation, d'un recentrage national, et ceux qui considèrent que le pays a plus à gagner qu'à perdre à l'ouverture au grand vent du dehors. Ce clivage entre société ouverte et société du recentrage national traverse la gauche et la droite. On l'a vu de manière évidente lors du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen.  

Aelia17 : Après s'être si radicalement distingué de la ligne de l'UMP, François Bayrou pourra-t-il encore appeler à voter Sarkozy (dans l'hypothèse d'un second tour Sarkozy-Royal) ?  

Pascal Perrineau : Bien sûr. L'heure aujourd'hui est celle du premier tour de l'élection présidentielle. On cultive alors sa différence. Le deuxième tour sera l'heure du rassemblement de sa famille. François Bayrou appartient depuis toujours à la famille des droites, et il serait étonnant qu'il soit le premier candidat de l'UDF à ne pas appeler à l'unité des droites au second tour. Raymond Barre l'avait fait en 1988, Edouard Balladur l'avait fait en 1995, François Bayrou l'avait fait en 2002, on voit mal comment un nouveau François Bayrou refuserait d'exprimer cette solidarité.  

Enfin, il ne faut pas oublier que derrière l'élection présidentielle, il y a les élections législatives, et qu'à peu près tous les députés UDF dépendent, pour leur réélection, des électeurs de l'UMP. Nécessité oblige...  

Dollar : A quel candidat pourrait bénéfier un éventuel report des voix des partisans de François Bayrou au second tour ?  

Pascal Perrineau : Dans l'optique d'un second tour entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, une majorité des électeurs de François Bayrou devraient rejoindre le camp de Nicolas Sarkozy. Cependant, les "déchets" des reports des électeurs de François Bayrou pourront contribuer à nourrir une éventuelle dynamique de la candidate du Parti socialiste.  

Celle-ci, pour devenir majoritaire au second tour, aura besoin d'une partie des électeurs de François Bayrou et d'une partie des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Les électeurs de la gauche à eux seuls ne suffiront pas à la construction d'une possible victoire "royaliste".  

Sigisbert : François Bayrou peut-il être à la droite en 2007 ce que J.-P. Chevènement a été à la gauche en 2002 ?  

Pascal Perrineau : Pour l'instant, dans les intentions de vote, François Bayrou est au niveau de 2002 et ne menace pas l'hégémonie de Nicolas Sarkozy sur le camp de la droite. Jean-Marie Le Pen et son niveau élevé d'intentions de vote entament davantage le capital électoral des droites que ne le fait François Bayrou.  

Savonarole : Il semblerait que le vote utile joue un rôle majeur en avril 2007. Dans ce contexte, une surprise Bayrou paraît mécaniquement très peu probable. Qu'est-ce qui pourrait selon vous mettre à mal cette analyse ?  

Pascal Perrineau : Nous sommes encore loin de la dernière ligne droite. A cinq mois de l'élection présidentielle, en 2002, les deux principaux candidats de gauche et de droite ne paraissaient pas menacés par la dispersion. La dispersion est venue au dernier moment. Un tel scénario peut se renouveler.  

Tout dépendra du nombre de candidatures à l'issue de la procédure de recueil des cinq cents signatures d'élus locaux, du degré de mauvaise humeur des électeurs, et des éventuels dérapages ou faux pas des deux principaux candidats. Il est trop tôt pour le prévoir.  

Ben : En cas de bon résultat au premier tour, Bayrou pourrait-il négocier un bon ministère (pourquoi pas un poste de premier ministre?) avec l'UMP ?  

Pascal Perrineau : Plus le score du patron de l'UDF sera élevé, plus la place de l'UDF dans le dispositif d'une droite gouvernementale victorieuse sera importante.  

Cependant, lorsqu'on reprend l'histoire longue de l'UDF, il est frappant de voir que celle-ci pèse aujourd'hui beaucoup moins que dans le passé. Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF, avait rééquilibré le rapport de force entre celle-ci et les héritiers du gaullisme. Raymond Barre, en 1988, avait emmené l'UDF à plus de 16 %. Edouard Balladur, en 1995, l'avait emmenée à 19 %.  

Depuis la fin des années 1990, l'érosion électorale de l'UDF est patente, et en 2002, François Bayrou n'avait réussi qu'un modeste 6,8 % des suffrages. La capacité d'influence de l'UDF est donc, sauf retour en grâce – peu prévisible pour l'instant –, relativement modeste.  

Bénard : Pensez-vous sérieusement que M. Bayrou, qui compte dans la vie politique mais peu en termes d'électorat, puisse dépasser 10 % ?  

Pascal Perrineau : Mesuré en termes d'intentions de vote depuis de nombreux mois, le patron de l'UDF ne connaît pas de dynamique. Il oscille entre 6 et 8 %.  

Cependant, il n'est pas inenvisageable qu'une dynamique de campagne puisse jouer à son profit et qu'une partie de l'électorat, lassée d'un affrontement bipolaire trop prévu et trop prévisible, se retourne vers un "ailleurs" dont pourrait faire partie François Bayrou. Pour l'instant, ce n'est pas le scénario le plus probable.  

Ph : L'UDF survivra-t-elle à François Bayrou ?  

Pascal Perrineau : L'UDF est l'héritière d'une longue histoire. Après la guerre, un courant démocrate chrétien s'était structuré derrière le MRP. Sous la Ve République, le centrisme a cherché à exister, d'abord sous forme autonome (1965-1969), puis comme force associée à la droite (depuis 1974).  

François Bayrou peut-il créer la surprise en 2007 ? LEMONDE.FR | 12.12.06 | 15h47  •  Mis à jour le 12.12.06 | 17h45
(Page 3 sur 3) OAS_AD('Frame1'); Consultez les dépêches vidéo des agences AFP et Reuters, en français et en anglais.
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Cette force chargée d'histoire est solidement implantée dans le territoire national au travers d'un réseau d'élus enracinés dans des régions "historiques" (l'Ouest, l'Est, le sud-est du Massif central, les Pyrénées-Atlantiques).
Il y a donc une histoire et une géographie qui accordent une permanence à ce courant politique au-delà des hommes qui l'incarnent.  

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} 5 Brailsford : Vous faites une analyse en fonction du passé alors qu'on peut penser que les élections de 2007 seront les plus importantes de la Ve République et vont modifier le paysage politique français.  

Pascal Perrineau : Une élection présidentielle, comme tout événement politique, est un mélange intime et complexe de passé et d'avenir. Pour l'UDF, ce passé est celui de la géographie et de l'histoire que je viens de décrire. Il est aussi celui de la constance de ses combats européens.  

Pour l'avenir, il revient à M. Bayrou de le dessiner et de l'incarner. Pour cela, il doit trouver deux ou trois valeurs cardinales autour desquelles organiser sa campagne. D'une certaine manière, on voit comment Nicolas Sarkozy mobilise autour des valeurs de mérite, de travail et de sécurité. Comment Ségolène Royal rassemble un électorat de gauche autour des valeurs de protection et de participation.  

François Bayrou doit trouver son propre corpus de valeurs, et ne pas simplement se poser en s'opposant (à la droite ou à la gauche). Pour l'UDF, le défi est d'exister par elle-même.  

Alatheos : François Bayrou est-il victime d'un mouvement plus ou moins latent d'anti-européanisme qui s'enracine dans la société ?  

Pascal Perrineau : Je ne crois pas. Les électeurs vont aller voter à l'élection présidentielle avec d'autres préoccupations que celle de la construction européenne : l'emploi, la protection sociale, l'insécurité, la lutte contre les inégalités sont des enjeux aujourd'hui beaucoup plus structurants du vote présidentiel qu'un éventuel européisme ou antieuropéisme. Ce qui ne veut pas dire que la question européenne ne soit pas présente dans tous les grands enjeux que je viens de citer.  

Brailsford : L'UDF n'est pas qu'un opposant, elle présente des solutions pragmatiques qu'elle a notamment développées dans le cadre de ses colloques sur l'emploi ou l'éducation notamment...  

Pascal Perrineau : Il est évident que l'UDF a fait un effort programmatique, mais le problème est de rendre cet effort visible. Pour l'instant, beaucoup d'électeurs retiennent la manière dont François Bayrou se pose en s'opposant à la droite et à la gauche. Ils retiennent également la manière dont François Bayrou rejette le style sarkoziste et le style royaliste.  

Au fond, la tâche des mois à venir pour le président de l'UDF est de repartir des propositions programmatiques de son parti et de "positiver" davantage son discours autour de celles-ci.  

Pierre : Quel sera l'avenir de l'UDF si François Bayrou ne dépasse pas les 5 % ?  

Pascal Perrineau : En dessous de 5 %, l'UDF entre dans une zone de "menace". Entre 5 et 10 %, elle reste en revanche dans son statut de "force d'appoint", qui est sa position actuelle. Au-dessus de 10 %, elle pourra négocier une place plus importante dans le dispositif d'une éventuelle majorité de droite.  

Au fond, on s'aperçoit que les divisions partisanes qui ont affecté l'UDF, en particulier lors de la création de l'UMP, ont laissé des traces électorales et rendent la tâche difficile à François Bayrou.  

Titem : Que pensez-vous de la critique de François Bayrou sur la manière dont les grands médias imposeraient aux Français de faire un choix bipolaire (gauche ou droite) ?  

Pascal Perrineau : Les Français n'ont pas besoin des médias pour se retrouver dans la gauche et dans la droite. Le clivage gauche/droite existe en France depuis deux siècles. Il a connu de nombreux avatars, mais son existence ne dépend pas d'une éventuelle "construction médiatique".  

Cependant, comme à chaque élection présidentielle, les candidats qui ne retrouvent pas dans les intentions de vote le score qu'ils espèrent ont tendance à transformer les médias en bouc émissaire de cette situation. On n'a jamais mobilisé les électeurs en ostracisant les médias. A trop vouloir le faire, on transforme son discours en discours négatif.  

Saintlazare : A vous lire, on sent la surprise "Bayrou" peu probable. Est-ce le cas ? Quelle autre surprise pourrait intervenir ?  

Pascal Perrineau : Pour l'instant, si l'on se base sur les enquêtes d'opinion, le "troisième homme" est, comme cela avait été le cas en 2002, Jean-Marie Le Pen, et non le président de l'UDF. Cependant, la volatilité de l'électorat, l'évolution rapide des enjeux de campagne, tel ou tel événement de la conjoncture nationale ou internationale peuvent déplacer les lignes.  

En 2002, certains avaient cru que le troisième homme était Jean-Pierre Chevènement. A la fin des fins, ça a été Jean-Marie Le Pen qui s'est imposé comme deuxième homme. En 2007, le troisième homme prévu peut éventuellement se faire "doubler".  

Pour créer une véritable surprise, il faudrait que François Bayrou arrive à rassembler derrière son nom tous les électeurs qui se sentent proches de l'UDF. Ce n'est pas le cas pour l'instant. Dans la dernière enquête TNS Sofrès, 54 % seulement d'électeurs proches de l'UDF affirment leur intention de voter Bayrou. 29 % choisissent le président de l'UMP, 8 % celui du FN, 5 % la candidate socialiste. Cette dispersion des intentions de vote des électeurs de l'UDF est une des raisons de la faiblesse relative de François Bayrou.  

Chat modéré par Sophie Atlan et Constance Baudry

9http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-844916@45-2,0.html

dimanche 01 octobre 2006, a 22:23
La discrète popularité de François Bayrou, candidat de la "protestation constructive"

  La discrète popularité de François Bayrou, candidat de la "protestation constructive" LE MONDE | 29.09.06 | 14h14  •  Mis à jour le 29.09.06 | 17h46 OAS_AD('Frame1'); OAS_AD('Top2');





haque jour depuis fin août, François Bayrou reçoit plusieurs appels d'amis, d'élus, de conseillers. Tous tiennent à lui faire savoir personnellement qu'ils ont, au cours de la journée, ou dans un dîner en ville, rencontré un ou plusieurs électeurs de l'UMP ou du PS prêts à voter pour lui à l'élection présidentielle. Lundi 25 septembre, Maurice Leroy, député UDF de Loir-et-Cher, recevait dix nouveaux adhérents à sa permanence. Aussitôt, il a prévenu "François" : "Huit venaient de la gauche !"

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')} Mercredi, six élus UMP du conseil municipale de Toulouse ont rallié le parti centriste. Ce même jour, une note de quatorze pages est arrivée sur son bureau, rue de l'Université, à Paris. Rédigée par Frédéric Lefebvre-Naré, elle s'intitule "Ce qui se passe sur Internet autour de François Bayrou et de l'UDF". La première analyse de ce polytechnicien entré au service de l'UDF depuis six mois concerne le site agoravox.com, qui a organisé deux jours durant un sondage en ligne sur le premier tour de la présidentielle. Près de 4 000 internautes y ont pris part.

Divine surprise : " François Bayrou a d'abord été classé en deuxième position, puis est passé en tête avec 20-21 % des voix et son score atteint désormais (26 septembre) 28 %", écrit M. Lefebvre-Naré. Suivent plusieurs pages d'extraits de paroles d'internautes, sympathisants du PS ou de l'UMP, recueillis sur les sites des journaux. Tous se disent prêts à voter François Bayrou.

Ce "buzz" favorable aurait démarré dès la parution dans L'Express, le 31 août, des premières attaques du candidat Bayrou contre l'"intimité" du président de l'UMP avec "les puissances de l'argent". Le lendemain, sur France Inter, il dénonce les dirigeants des grands groupes audiovisuels les accusant "d'orienter" les Français "vers un choix préfabriqué". La rumeur positive chez les internautes augmente, à la faveur du face-à-face tendu entre le député des Pyrénées-Atlantiques et Claire Chazal, le 2 septembre, lors du "20 heures" de TF1.

Selon les proches de M. Bayrou, les confidences du candidat sur son entretien avec les dirigeants de la chaîne privée auraient encore amplifié ce phénomène. "Une explication musclée. Les murs ont tremblé", a raconté plusieurs fois le président de l'UDF, expliquant que ses interlocuteurs avaient milité ouvertement pour le "bipartisme" en politique.

Même les plus rêveurs de ses partisans n'osent conclure à une "bayroumania". D'autant que les sondeurs maintiennent leurs estimations, entre 7 % et 10 %, au premier tour. "La structure de sa popularité reste marquée à droite, souligne Brice Teinturier (TNS-Sofres). Même s'il est efficace et pertinent dans sa dénonciation, son espace reste celui d'un leader de droite modéré."

Mais chacun des soutiens du candidat UDF note que, désormais, "il n'est plus perçu comme avant". Deux fois ministre, favorable à la Constitution européenne, il est parvenu à capter - comme Jean-Pierre Chevènement en 2002 - l'étiquette de "candidat antisystème". Directeur de l'hebdomadaire Marianne, Jean-François Kahn lui a apporté son soutien "personnel" au nom du "centrisme révolutionnaire". "Maintenant, il est à la table de jeu", résume son conseiller, Philippe Lapousterle. Première conséquence : les concepteurs de la publicité pour Europe 1 ont intégré du coup le président de l'UDF (ainsi que Jack Lang) à leur visuel.

Persuadé que l'élection "attend sa surprise", installé sur le créneau de "la protestation constructive", il crève la "bulle Ségo-Sarko". Consultés au même titre que les sondeurs, des spécialistes du marketing l'ont convaincu que les "produits Royal et Sarkozy étaient liés comme Coca et Pepsi. Si l'un deux baisse, l'autre baissera à son tour" et que "tout ce qui ferait du tort à l'un atteindrait l'autre".

"VALEUR REFUGE"

D'autres experts, plus politiques, ont mis en avant l'attirance de certains électeurs pour les valeurs d'autorité défendues par le couple Royal-Sarkozy, et leurs craintes face à la personnalité ou la capacité de l'un et l'autre. Ils en ont conclu que le vote Bayrou pouvait, dans ces conditions, devenir une "valeur refuge".

Reste à peaufiner sa stature de présidentiable. "Il bosse comme jamais", exulte un proche - et fait tout pour démentir sa réputation de dilettante. Durant l'été, il a consulté de grands patrons, en toute discrétion. Des intellectuels, tels que le démographe Emmanuel Todd et l'économiste Michel Godet, ont été reçus rue de l'Université. Un livre Au nom du Tiers-Etat (Hachette Littérature) paraîtra le 11 octobre. Son objectif : démontrer la "cohérence politique" du candidat et montrer qu'il n'est pas qu'un "homme de coups" et de "critiques".

Il y a quelques années, Jean-Louis Borloo avait eu ce mot concernant le président de l'UDF : "François préférera toujours avoir raison que de gagner une élection." "Aujourd'hui, répond-on à l'UDF, François veut gagner."

Philippe Ridethttp://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-818171,0.html

vendredi 29 septembre 2006, a 08:53
Que pensent les blogueurs politiques de la campagne présidentielle ?

  SONDER L'OPINION"

François Bayrou, tout sourire, n'est pas forcément de cet avis. "C'est le seul à réagir personnellement aux commentaires et à faire sur Christian Blanc.

Le coordinateur d'un Natasha QS d'une vidéo montrant des blogueurs, dont Loïc Le Meur, en réunion avec un conseiller de l'UMP.

Le maître ès blogs de l'UMP, MonPuteaux.com. Plus qu'un terrain pour lancer de nouveaux thèmes, la blogosphère est surtout utilisée par l'UMP comme un moyen de "sonder l'opinion", reconnaît M. Solère. C'est grâce à Internet que l'UMP a débattu sur le mariage gay, un thème qui lui était étranger mais qui avait généré des milliers de commentaires sur les blogs, raconte-t-il. "Cela permet à Nicolas de réaliser quand son message n'est pas passé", précise-t-il. Et d'annoncer que le président de l'UMP s'exprimera bientôt pour rassurer les milliers d'internautes amis des animaux, horrifiés par ses appels à supprimer tous les chiens dangereux.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-818007@51-814587,0.html

Présentation
40 ans
Marié, 3 enfants
Conseiller Général du Canton de Bouxwiller
Maire de Pfaffenhoffen
Premier Vice Président de la Communauté des Communes du Val de Moder

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commentaire(s)
Denis LEDOGAR kuhn (21/06/2008 18:00)

Dznis Ledogard est u...

Denis LEDOGAR fk (20/02/2008 18:43)

Bravo à Père Denis L...

STRASBOURG TOUJOURS... Joël (15/10/2007 22:24)

Il faudrait éviter d...

PFAFFENHOFFEN PAR LE PERE GERARD KOCH Jean-Paul Feldis (24/09/2007 15:08)

Bonne présentation h...

L'ascension de François Bayrou Bernard (29/04/2007 08:23)

Bonjour, Oui la p...

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