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LE BLOG DE PIERRE MARMILLOD
dimanche 28 janvier 2007, a 13:22
Marielle de Sarnez à l’émission Face à Face sur Public Sénat

 

Marielle de Sarnez à l’émission Face à Face sur Public Sénat
Une politique impartiale et réaliste - 24.01.07

Au cours d'un "face à face", avec Gérard Longuet, sénateur UMP de la Meuse et conseiller politique de Nicolas Sarkozy, Marielle de Sarnez, députée européenne, directrice de campagne de François Bayrou, a pu exprimer la position de celui-ci à propos de l'actualité politique et de deux sujets de campagne que seront les Impôts et l'Europe.

A propos du remplacement de Dominique Baudis par Michel Boyon au poste de président du C.S.A., ainsi que son mode de désignation, la directrice de campagne de François Bayrou s'est prononcée pour une réforme du système dans son ensemble. Ainsi, à l'avenir, si François Bayrou est élu, toutes les nominations concernant les grands corps de contrôle devront échapper aux décisions partisanes, dans le cadre d'un état impartial comme le demandent les Français. "La vraie garantie d'un état impartial, c'est qu'il n'y ait pas un seul parti aux commandes", affirme-t-elle. Dès lors, elle préconise que ces nominations soient approuvées par une majorité large, au 2/3 ou au 4/5 du Parlement.

L'exigence de pluralité chère à François Bayrou est réaffirmée par Marielle de Sarnez : "Il faut une réforme profonde, un parlement qui compte, une véritable séparation des pouvoirs, et que le parlement ressemble enfin à la France". Pour cela, est confirmée l'introduction d'une dose de "proportionnelle" dans le mode de scrutin pour les législatives, notamment pour que les femmes, les jeunes, et les populations issues de l'immigration soient représentés enfin comme il se doit à l'Assemblée nationale.
Il serait également plus juste de débattre avec l'extrême droite, à l'instar de ce qui se déroule au sein du Parlement européen, à l'Assemblée nationale, et non en dehors, et que cela ne concourt pas à sa "victimisation" permanente.
Dans ce cadre, le fonctionnement des institutions doit être revu. Marielle de Sarnez "considère que l'on doit aux Français une certaine efficacité", et, répondant à la question sur d'éventuelles stratégies d'entre deux tours, elle affirme qu'il n'y aura pas de tractations partisanes. François Bayrou ne pratiquera pas une forme de politique archaïque. La directrice de campagne de François Bayrou insiste, s'adressant à Gérard Longuet : "vous ne pouvez pas enfermer les Français dans un choix que vous présupposez », comme si l'on connaissait les résultats du second tour à l'avance. "A chaque fois, il y a une surprise!", souligne-t-elle.

En ce qui concerne les impôts, la député européenne affirme qu'il ne sera pas fait de promesses non tenables comme peuvent le faire certains candidats, en référence à la déclaration, par exemple, d'une baisse d'impôts à hauteur de 68 milliards d'euros, annoncée par le candidat UMP.

Au chapitre de l'emploi, une augmentation de 35% de la rémunération des heures supplémentaires sera engagée, énonce-t-elle.

Et en ce qui concerne l'ISF, Marielle de Sarnez rappelle que François Bayrou propose un élargissement de la "base", afin de mieux répartir la charge pour la population qui paiera cette ISF. Précisant que, étant elle-même soumise en tant que députée européenne à une publication de son patrimoine, elle est tout à fait favorable à ce que cette pratique soit étendue au niveau national, comme François Bayrou le propose d'ailleurs.

Enfin, concernant le sujet européen, la directrice de campagne de François Bayrou témoigne de son inquiétude sur le ralentissement de l'élan européen. Elle a souligné l'importance de l'Europe tant en matière de politique internationale (citant le cas du règlement de la crise au Darfour par exemple), qu'en terme de politique d'immigration. Elle s'est prononcée pour la réécriture d'un texte fondateur, simple, lisible, qui dise quelles sont les valeurs qui nous gouvernent et pourquoi nous sommes unis.
http://www.udf.org/actualites/actu_site/2007/sarnez_240107.html

mercredi 27 décembre 2006, a 16:43
« Si on veut sortir de l’impuissance, il faut voter François Bayrou ! »

  Marielle de Sarnez à l’émission Oui/Non sur LCI
« Si on veut sortir de l’impuissance, il faut voter François Bayrou ! » - 18.12.06


Marielle de Sarnez a critiqué l’annonce électorale de Thierry Breton sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, les Français paieront des impôts en 2008 contrairement aux déclarations du ministre. La directrice de campagne de François Bayrou a appelé à la mise en oeuvre d’une réforme fiscale juste et efficace. Elle a expliqué notre impuissance à faire des réformes par le fait que la France est divisée camp contre camp, or le projet de François Bayrou est justement de rassembler et de réconcilier les Français pour servir l’intérêt général.

Marielle de Sarnez a estimé qu’il n’est pas sain, pas civique et pas responsable que Thierry Breton annonce avant la campagne, que les Français ne paieront pas d’impôt sur le revenu en 2008 en raison de la mise en place du prélèvement à la source à partir de 2009. La directrice de campagne de François Bayrou a déclaré que c’est évidemment faux : les Français paieront bien des impôts en 2008 mais cette année ne servira pas de base à l’impôt payé en 2009. Elle a remarqué que Thierry Breton aurait pu aborder cette question lors du débat budgétaire, cela aurait été une démarche plus démocratique et plus citoyenne... Sur le fond, l’UDF est favorable au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la plupart des pays européens l’appliquant déjà. Marielle de Sarnez en a profité pour rappeler les autres promesses de la majorité : Jacques Chirac avait annoncé en 2002, une baisse des impôts de 30%, en réalité, les prélèvements obligatoires ont augmenté ; dans l’opposition, François Hollande annonce aujourd’hui une hausse des impôts… Elle a jugé qu’il n’était pas « sérieux de jouer au yoyo avec la politique fiscale et l’argent des Français » : la vice-présidente de l’UDF souhaite que l’on cesse de remettre en cause la fiscalité à chaque changement de majorité et que l’on s’attache à faire une réforme qui soit à la fois juste et efficace.
La directrice de campagne de François Bayrou est convaincue que l’on ne peut pas faire les réformes en France tant que les forces politiques ne sont pas rassemblées : les Français récusent, selon elle, les réformes parce qu’il pensent qu’elles servent les intérêts d’un camp, d’un parti politique. Résultat, nous avons eu huit alternances en vingt-cinq ans et la vie des Français ne s’est pas améliorée. Elle estime ainsi que Jean-Marie Le Pen prospère sur cette impuissance politique à faire les réformes dont la France a besoin alors que tous les pays européens les ont déjà menées. Marielle de Sarnez a expliqué que François Bayrou souhaite former un gouvernement ouvert à des personnes de sensibilités différentes : « on veut rassembler et réconcilier les Français autour d’un projet de gouvernement cohérent ». Le candidat à la présidentielle veut notamment faire de la France, un pays pro-entreprise pour l’emploi et la croissance : la vice-présidente de l’UDF a expliqué que nous ne pouvons exercer correctement la solidarité si nous ne sommes pas efficaces sur le plan économique. Solidarité et efficacité économique, nous avons besoin des deux.
Enfin, interrogée sur l’action de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, Marielle de Sarnez a jugé son bilan moyen. Il a, selon elle, donné le sentiment de se battre beaucoup pour les problèmes de sécurité mais il a fait trop de lois, ce qui tue l’action politique : « à chaque fois qu’il y a un problème, on fait une loi ». La directrice de campagne de François Bayrou fait surtout deux reproches au ministre de l’Intérieur : elle trouve qu’il oppose constamment les Français les uns aux autres alors qu’il faudrait faire exactement le contraire pour faire avancer notre pays. Second reproche : Nicolas Sarkozy met l’immigration en avant dans la campagne et fait croire que l’on peut régler le problème à l’intérieur de nos frontières alors que c’est une question pour toute l’Europe.
http://www.udf.org/actualites/actu_site/2006/sarnez_181206.html

vendredi 22 septembre 2006, a 12:30
Discours de Marielle de Sarnez

  Discours de Marielle de Sarnez
Vice-présidente de l'UDF, présidente de la délégation UDF au Parlement européen
Jounées parlementaires de l'UDF - Arras
21 septembre 2006


(Seul le prononcé fait foi)

Merci à Jean-Marie [Vanlerenberghe] pour la qualité de son accueil, et la qualité de son engagement.

Merci à tous nos amis parlementaires de la région, députés, sénateurs, et parlementaires européens, que je suis heureuse de saluer.

Ces journées parlementaires sont les cinquièmes de la mandature qui a débuté en 2002. Et je voudrais, au nom des parlementaires européens que j’ai l’honneur de représenter à cette tribune, vous dire combien nous avons été heureux et fiers de ce que vous avez accompli à l’Assemblée nationale et au Sénat tout au long de ces années. Années de combat, de résistance, d’indépendance, et d’autonomie.

Et il suffit de faire défiler devant nous les votes majeurs émis depuis 2002, pour mesurer à quel point vous avez eu, nous avons eu raison de mener ce combat.

Vous avez dénoncé le vote de l’amnistie dès 2002, et vous aviez raison. Vous avez combattu la loi sur le mode de scrutin des élections régionales, et vous aviez raison. Vous avez refusé la dérive des déficits publics et l’insincérité des budgets, de l’Etat et de la Sécurité sociale, et vous aviez raison. Vous avez mené le combat contre la privatisation des autoroutes, défendu les logiciels libres, refusé l’absence de programmation pour notre Recherche, et vous aviez raison. Vous avez censuré le dévoiement de nos institutions à l’occasion de la très malheureuse affaire Clearstream, et là encore vous aviez raison. Tout cela, vous l’avez fait au nom du pluralisme, et au nom d’une certaine idée de la politique.

Et je veux, ici, à cette tribune, vous dire notre reconnaissance. Je sais que cela n’a pas été toujours facile, ou évident, ou simple. Mais c’est grâce à ces cinq années passées tous ensemble que nous pourrons demain, aller de l’avant pour reconstruire, et pour rebâtir, merci !

Et pendant toutes ces années, la seule ligne qui nous a guidés, ce ne fut pas la question de l’appartenance à un parti, à un camp, ou à un clan. Ce ne fut pas les honneurs ministériels, refusés d’ailleurs à trois reprises au moins. Ce ne fut pas les intérêts des groupes de pression, quels qu’ils soient.

Non. Ce fut seulement l’idée que nous nous faisons de la démocratie. Pas seulement de la démocratie comme un instrument politique de gouvernement. Mais de la démocratie, comme une exigence, une exigence morale.

Et c’est cette même exigence qui va nous guider dans les mois qui viennent. Nous le savons tous, l’élection de 2007 ne sera pas seulement une élection majeure. Elle sera une élection historique. J’ai la conviction que c’est un cycle de la vie politique française qui est en train de s’achever.

Et si nous regardons quelques minutes derrière nous, que voyons-nous tous ensemble ?

Sept alternances en vingt-cinq ans ; un Parlement ignoré et bafoué ; des tombereaux de lois votées et jamais appliquées ; de moins en moins de Français se déplaçant pour aller voter ; des promesses jamais tenues ou trop rarement ; un pouvoir confisqué par une minorité. Je veux rappeler ici que seulement 20% des Français ont voté, au premier tour de 2002, pour l’UMP ou le PS. Alors que ces deux partis confisquent à eux seuls près de 90% de la représentation nationale. Comme si 20% du peuple français avait un droit imprescriptible à la surreprésentation et que, dans le même temps, 80% des Français seraient eux condamnés pour toujours à la non-existence, à la non-reconnaissance. Voilà le mal français. Voilà ce qui a tué notre démocratie et qui empêche que notre pays soit gouverné comme il mériterait de l’être.

C’est la raison pour laquelle nous voulons un changement de nos institutions. Pas comme un but, mais comme un moyen. Un moyen pour en finir avec l’impuissance. Un moyen pour renouer avec un pouvoir légitime, représentatif. Un moyen pour recréer de la confiance. Un moyen pour que nos compatriotes deviennent co-responsables du destin et de l’avenir de notre pays. Faire évoluer la France vers une démocratie vivante et apaisée, c’est permettre demain de faire face aux défis majeurs du siècle qui vient.

Et pendant ce temps-là, les problèmes des Français ont continué de s’accumuler. Dette, déficit public. Crise des classes moyennes. Pouvoir d’achat. Logement. Emploi. Augmentation sans précédent des RMIstes et du nombre des plus démunis. Précarisation de plus en plus grande pour les femmes. Dysfonctionnement de l’école. Banlieues. Absence d’ascenseur social dans les entreprises. Une administration de papier qui contrôle plutôt que d’être au service des Français. Des TPE et PME constamment suspectées au lieu d’être soutenues…

Et si j’ajoute les questions de fond qui sont désormais devant nous, changement climatique, vieillissement de la population, retraites, délocalisations, Europe, aide au développement, migrations, énergie, alors nous voyons bien que c’est d’un changement politique profond dont notre pays a besoin. Un changement d’inspiration.

Si nous voulons nous attaquer sérieusement à tous ces problèmes, alors il faut sortir du bloc contre bloc. Cesser d’opposer une partie de la France à une autre, et mettre autour de la table des hommes et des femmes de bonne volonté, décidés à œuvrer pour l’intérêt général de notre pays.

Qui ne voit que les temps qui sont devant nous sont des temps qui vont exiger du sérieux plutôt que de la communication, du consensus plutôt que des oppositions factices, de la cohérence plutôt que de l’opportunisme, des convictions solides plutôt que du pragmatisme. Ces temps-là vont exiger des dirigeants qui traiteront les Français comme des acteurs responsables de leur destin et non comme des consommateurs.

Cette élection, mes chers amis, est historique, importante pour la France. Mais elle l’est aussi pour l’Europe, et pour l’équilibre du monde. Et à la vérité, tout est lié.

Plus que jamais nous avons besoin d’une Europe forte, démocratique et politique pour défendre nos valeurs, celles de la France, pour retrouver une capacité à agir, chez nous et dans le monde.

Et si nous reprenons la plupart des questions qui se posent à nous, nous voyons bien qu’elles ne se régleront pas en dehors de l’Europe. Par exemple, la question de l’immigration. C’est évidemment nous raconter des histoires que de nous faire croire que l’on peut régler cette question au seul niveau national. Quand on régularise 600 000 clandestins en Espagne, 500 000 en Italie, et qu’on s’apprête à en régulariser 200 000 en Allemagne, on voit bien que c’est une question pour l’Europe toute entière.

Il y a en Afrique les vingt pays les plus pauvres de la planète, et en Europe 15 des 20 pays les plus riches de la planète. Nous voyons bien que cette question des migrations est évidemment liée à celle du développement. Et ce n’est pas en faisant voter tous les jours des lois nouvelles que l’on réglera la question. C’est en sortant la question de l’immigration du champ politicien, et en ayant le courage de mettre toutes les questions sur la table, celle de la démographie européenne, celle du marché du travail, et celle de l’aide au développement, que nous avancerons.

Il en est de même pour la question vitale de l’énergie. Quand on voit l’accord récent passé entre Gazprom et la SONATRACH, le gaz algérien, on voit bien qu’il nous faut d’urgence une grande politique européenne de l’énergie. Sur toutes ces questions, l’Europe est la bonne, est la seule dimension pour agir. Cela vaut aussi pour la politique étrangère. Je pense au Proche-Orient et au Liban, je pense aussi à l’Irak où il faudra bien imaginer un jour une sortie de crise. Je pense au Darfour, où nous aurions vraiment besoin d’une position européenne, pour faire pression sur Khartoum et redonner ainsi un peu d’espoir aux deux millions de personnes qui continuent, dans l’indifférence générale française, de vivre dans des camps. Je devrais plutôt dire de survivre.

Tous ceux qui, au PS et à l’UMP, ont, au fond, abandonné l’idée d’une Europe politique se trompent. Nous avons un besoin urgent d’Europe. Et pour notre part, nous ne renoncerons pas à porter cette vision européenne.

Et cette vision européenne, elle va de pair avec une certaine vision du monde. Nous voulons reconstruire un monde multipolaire. Nous voulons des institutions internationales plus efficaces et plus représentatives du monde tel qu’il est. Nous refusons l’hégémonie, d’où qu’elle vienne. Pour l’équilibre de la planète, nous ne pouvons pas laisser une grande puissance, même si nous avons avec elle la force de liens historiques, décider seule de la marche du monde. Et c’est pourquoi j’ai trouvé malvenu, choquant, et grave pour l’avenir, de voir le numéro 2 du gouvernement reprendre à son compte le mot « d’arrogance » utilisé par la droite américaine pour critiquer la position qui avait été celle de notre pays à propos de l’Irak. Et le faire de surcroît dans un bureau de la Maison Blanche, aux côtés de Georges Bush. Il y a là un changement de cap que les Français, j’en suis sûre, ne veulent pas.

Mes chers amis, les mois et les semaines qui sont devant nous vont être très intéressants. Tout va être fait pour empêcher que notre pays ne tourne vraiment la page. Tout va être fait pour que ceux que l’on continue d'appeler les « partis dominants », mais qui en fait, ne dominent plus rien, restent entre eux pour conserver leur pouvoir. Comme d’habitude, on va nous expliquer que les jeux sont faits. Comme en 1995, comme en 2002, on va nous expliquer que les favoris des sondages sont d’ores et déjà qualifiés pour le deuxième tour.

En réalité, c’est toujours la même histoire. On veut enfermer le choix des Français. Leur interdire de choisir. Mais j’ai une certitude, les Français ne se laisseront pas imposer un choix présupposé ; ils ne se laisseront pas enfermer. Ils regarderont et compareront les visions et les hommes. Ils rechercheront la cohérence et le courage. La volonté de rassemblement. L’impartialité. Le sens civique. La générosité.

C’est en leur âme et conscience qu’ils choisiront leur destin, et ce sera, n'en doutons pas, un beau et grand moment. Je vous remercie.

 

http://www.udf.org/discours/sarnez_jp_210906.html

mercredi 16 août 2006, a 20:05
Ceux qui s’imaginent que tout est écrit en seront pour leurs frais

 

« Ceux qui s’imaginent que tout est écrit en seront pour leurs frais »
Interview de Marielle de Sarnez
Le Figaro – 16.08.06

Le Figaro poursuit sa série d'entretiens sur la présidentielle avec Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF.


LE FIGARO. – Les intentions de vote en faveur de François Bayrou stagnent depuis des mois autour de 8% dans les sondages. Êtes-vous inquiète ?
Marielle de SARNEZ. – Chaque fois que l'on pense que les jeux sont faits, on se trompe lourdement. Souvenez-vous. En janvier 1995, Nicolas Sarkozy nous prédisait la victoire de son favori, Édouard Balladur, dès le premier tour de l'élection présidentielle ! On sait ce qu'il advint ! En 2002, on nous garantissait sur facture que le deuxième tour verrait s'affronter Jospin et Chirac. Et en 2007, on s'apprête à nous refaire le même coup ! Mais ça ne marchera pas. L'élection présidentielle appartient aux Français et à eux seuls. Ils vont s'en emparer pour faire entendre leurs attentes et leurs aspirations. Et ceux qui imaginent que tout est déjà écrit en seront pour leurs frais. La surexposition médiatique ne remplacera jamais la cohérence ou l'inspiration, et c'est bien ainsi. Ce dont la France aura besoin en 2007, c'est d'un reconstructeur et d'un rassembleur. François Bayrou a les qualités humaines et politiques pour être celui-là.

Quels seront, selon vous, les thèmes dominants de la campagne ?
Tout ce qui fondait hier notre pacte républicain, et donnait à nos concitoyens un sentiment de sécurité, pour eux-mêmes, mais surtout pour leurs enfants. L'école, l'emploi, le pouvoir d'achat, le logement. Le sentiment que, grâce à une bonne formation, on pouvait trouver facilement un emploi, et avoir un jour son propre logement, tout cela a volé en éclats. Il faut reconstruire une véritable égalité des chances et des droits. Et puis il y a des questions qui, sans doute, apparaissent aux Français comme plus lointaines parce que le monde politique ne s'en préoccupe pas, mais qui sont pourtant essentielles pour l'avenir de nos enfants. Je pense au changement climatique ou à la question de l'Europe. Mais rien de tout cela ne pourra se faire utilement si nous ne sommes pas capables de recréer d'abord les conditions de la confiance. Et pour y arriver, il faudra changer en profondeur la façon dont on exerce le pouvoir dans notre pays.

La réforme des institutions peut-elle tenir lieu de programme pour un candidat à la présidentielle ?
La réforme des institutions n'est qu'un moyen, mais un moyen essentiel. On ne peut plus continuer à exercer le pouvoir d'une façon partisane et donc archaïque. Le camp contre camp, comme seule référence du débat démocratique français, c'est un peu court ! Il faut moderniser, ouvrir, aérer. On doit être capable, dans une démocratie adulte, de mettre autour de la table des personnalités de sensibilités différentes, décidées à travailler ensemble en privilégiant l'intérêt général plutôt que des intérêts partisans. On doit avoir un Parlement représentatif de toutes les sensibilités de la France pour qu'il soit indépendant et qu'il contrôle vraiment le gouvernement et l'administration. Et enfin, nous avons besoin d'une majorité plus large pour mieux assurer la continuité de l'action publique. Tout cela a grandement manqué à notre pays depuis vingt-cinq ans.

Mais le président de l'UMP affirme précisément vouloir rompre avec la pratique actuelle du pouvoir...
Le candidat de l'UMP sera forcément le candidat de la continuité du pouvoir actuel. S'il était élu, il perpétuerait le même système, avec le même parti, les mêmes équipes et les mêmes pratiques. Quant au PS, il veut seulement retrouver le pouvoir, comme avant 2002, sans rien changer d'autre.

À l'occasion des colloques organisés par l'UDF pour définir son projet, François Bayrou s'est engagé à consulter les Français par référendum sur tous les grands sujets s'il est élu. Dans ces conditions, à quoi sert son programme présidentiel ?

Quelques sujets sont si importants et de si long terme qu'ils exigent l'adhésion, non pas seulement des parlementaires, mais du pays tout entier. Par exemple la création d'un service civil obligatoire. Par exemple encore, la lutte contre la dette. Seul l'engagement formel des Français pourra obliger les gouvernants à respecter durablement les disciplines nécessaires pour revenir à l'équilibre des finances publiques. Autrement, à l'approche de chaque élection, les mauvaises habitudes reprendront le dessus.

Comment comptez-vous réduire la dette ?
Tous les jours, l'État dépense 20% de plus que ce qui rentre dans ses caisses. Ce n'est tout simplement pas acceptable. Notre pays a besoin d'investir massivement dans l'économie de la connaissance. Il ne pourra le faire que s'il retrouve des marges de manoeuvre. Il est donc urgent de s'engager dans une politique durable de retour vers l'équilibre de nos finances publiques.

Un assouplissement du droit du travail n'est-il pas également nécessaire ?

On ne réformera pas le Code du travail d'une manière détournée et en catimini comme on a tenté de le faire avec le CPE. Si l'on veut parvenir à une simplification de notre droit du travail, ce qui peut-être nécessaire en particulier pour les PME qui trop souvent ont le sentiment d'être pénalisées par un excès de réglementation, cela ne pourra se faire qu'avec un large accord des partenaires sociaux.

Une réforme de l'ISF s'impose-t-elle également ?
Il faut réfléchir à une contribution plus juste et, en tout état de cause, moins pénalisante pour ceux qui sont prêts à investir en France.


Propos recueillis par Judith Waintraub

http://www.udf.org/presse/interviews/sarnez_lefigaro_160806.html

 

Présentation
40 ans
Marié, 3 enfants
Conseiller Général du Canton de Bouxwiller
Maire de Pfaffenhoffen
Premier Vice Président de la Communauté des Communes du Val de Moder

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